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Me Harouna Toureh, Président du FPR :

– «Nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour faire la guerre»

– «Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment l’armée»

Pour la reconquête des régions du nord de notre pays, occupées par les bandits armés du MNLA, d’Ançardine, du MUJAO et leurs autres alliés salafistes et narcotrafiquants, un Front de résistance et d’autodéfense vient de voir. Il s’agit de la coordination des Forces patriotiques de résistance (FPR). Ses responsables étaient face à la presse le samedi 21 juillet dernier au CICB. Au cours de la rencontre, le Président du FPR, Me Harouna Toureh du Mouvement Ganda-Koy, a déclaré qu’ils n’avaient besoin de l’autorisation de personne pour mener une guerre afin de chasser de leur territoire ces bandits armés. Il a aussi martelé qu’ils ne pouvaient attendre indéfiniment l’armée, qui semble figée sur sa position, après avoir abandonné les populations entre les mains de ces apatrides.

Au cours de cette rencontre avec les hommes de média, le Président des FPR était entouré des responsables des principaux mouvements membres. Il s’agit d’Ibrahima Kantao du Cercle de réflexion et d’action (CRA), de Nouhoum Ousmane Touré de Ganda Izo, d’Amadou Abdoulaye Cissé des Forces de libération des régions du Nord (FLN), d’Ahmed Tidiane Cissé de l’Alliance des communautés de la région de Tombouctou (ACRT) et de l’Honorable Alassane Abba des Forces armées contre l’occupation (FACO).

Tous ces mouvements se sont donc rassemblés au sein d’une coordination unique et se donnent comme objectif de mettre hors de leur territoire les bandits qui sont en train faire souffrir les populations du Nord du Mali.
Pour Me Toureh, les FPR n’ont pas d’autre ambition. Il ne tergiverse pas pour le dire. «Notre préoccupation, c’est la libération de nos régions. Nous ne sommes pas une organisation politique. Est-ce qu’on a besoin de l’accord de quelqu’un, fut-il l’Etat, pour se défendre?

Nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour faire cette guerre. L’armée tarde à agir et nous ne pouvons pas attendre indéfiniment l’armée», a-t-il déclaré. Même ton chez Amadou Abdoulaye Cissé des FLN. En effet, il est formel: «Nos actions futures, c’est de faire la guerre. Nous sommes un mouvement armé, nous sommes en train de nous donner les moyens de faire la guerre, avec ou sans l’armée».

Ibrahima Kantao du CRA est également dans cette logique: « notre agenda est d’aller faire la guerre. Le gouvernement a eu beaucoup de temps. Il a eu le temps de faire des réunions et des tournées. Nous n’avons plus de temps». Le Président des Forces patriotiques de résistance s’est dit convaincu qu’il n’est pas besoin d’armements sophistiqués pour faire la guerre, comme en Afghanistan. «Pour faire la guerre, il faut des hommes et du cœur», a-t-il dit.

Pour ce faire, les FPR mettent en garde les autorités politiques de la transition, qui parlent déjà de négociation avant de livrer bataille, et leur disent solennellement que cette guerre ne sera terminée que par une victoire, car l’histoire des nations a démontré que toute négociation en cours de guerre engendrait tôt ou tard une autre guerre. Et le Mai en a fait l’amère et sanglante expérience depuis 1990.

C’est pourquoi, les FPR sont confiants en la victoire: «cette guerre, qui nous est imposée par les barbares du MNLA et les islamo fascistes rétrogrades d’AQMI, du MUJAO, d’Ançardine et autres espèces sataniques du même acabit, nous la gagnerons. Il nous suffit de s’en convaincre et de le vouloir. »

Déjà, plusieurs jeunes Maliens se sont portés volontaires pour mener cette guerre, afin que notre pays retrouve son intégrité territoriale et sa dignité. Ces jeunes sont regroupés dans un camp dans une région de notre pays. C’est pourquoi, Me Toureh a fustigé le fait que le gouvernement malien se soit déplacé pour aller au Niger rendre visite avec les honneurs au Colonel Major El Hadj Gamou. «Nous ne condamnons pas le Colonel Gamou.

C’est au Gouvernement que nous faisons des reproches. Gamou, fût il l’un des plus vaillants de nos fils, et sa milice désarmée composée, dit on, de 500 hommes dont plus de 300 venus de Libye, a reçu la visite du ministre de la Défense.

Alors qu’aux portes de Mopti, vivent, côte à côte avec l’armée malienne, dans des conditions inhumaines et presque en guenilles, sans ressources, sans eau potable, sans soins médicaux, sans nourriture, sans logement, sans latrines, des volontaires prêts à combattre.

Ils sont méprisés, rejetés comme des pestiférés. Ces milliers de jeunes, venus de partout, se trouvent aux portes de la honte, à Sévaré, pour s’organiser, s’armer, afin de retourner reconquérir, au prix de leur misérable vie, leurs terres perdues et occupées. Tout ceci se passe dans une indifférence et un mépris total des gouvernants de l’heure», a ajouté le Président du FPR.

Avant d’ajouter que demain jugera, et ce sans complaisance ni faiblesse, qui de ses fils a défendu le drapeau du Mali. Et qui, de son fait, l’a souillé. Selon le Président des FPR, face à cette terrible honte jamais vécue et devant l’ampleur des dégâts moraux et matériels occasionnés, l’intensité et la qravité des crimes portés contre notre chère patrie, des mouvements de résistance populaire sont nés partout.

Ils sont formés de jeunes Maliennes et Maliens venus du Nord et de Kayes, Ségou, Koulikoro, Sikasso, Bamako et de l’étranger. Il a souligné qu’ils se sont donné pour noble mission de relever notre drapeau tricolore, tombé à Gao et Tombouctou, et pour ce faire, ils en appellent à Ia mobilisation générale de toutes les Maliennes et de tous les Maliens en âge de porter ou de se servir d’une arme.

Auparavant, il avait rappelé que, depuis 1990, le peuple malien du Nord ne dort plus en paix. Selon ses dires, il est tour à tour volé, spolié, violé, asservi, chassé de ses terres, réfugié à l’étranger, déporté, assassiné. Il a renchéri que, depuis cette date, que d’accords de la honte signés à l’étranger, l’arme à la tempe de nos dirigeants, avec pour conséquence l’abandon de la souveraineté du Mal sur une partie de notre territoire, pour, disait on, la paix.

Il a également rappelé les privilèges et les honneurs accordés aux rebelles: «que de privilèges et de prébendes accordés à une intime partie des populations du Mali, au détriment de l’immense majorité. Que d’honneurs fait à ceux qui prennent les armes contre leur propre pays, aidés en cela par des étrangers, au détriment de tous ceux qui, au quotidien et par l’effort, s’échinent à conquérir leur survie et la paix».

Youssouf Diallo

Le 22 Septembre du 23 Juillet 2012