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Réunis en séance plénière, hier lundi 24 septembre, les honorables députés ont élu les membres du Bureau de l’Assemblée nationale (voir encadré). Le Bureau est désormais au grand complet : un président, huit vice – président, deux questeurs et huit secrétaires parlementaires.

Le groupe parlementaire PARENA – SADI, avec 9 sièges, ne figure pas dans le nouveau Bureau de l’Assemblée nationale tandis que le MPR avec 8 sièges a la septième vice – présidence et un secrétariat parlementaire, le CNID avec 7 sièges se voit attribuer la huitième vice – présidence. Déçu par cette injustice, Me Amidou Diabaté accuse le parti de l’abeille d’être à l’origine de cette situation : « L’ADEMA nous exclus du Bureau de l’Assemblée nationale en violation du règlement intérieur. Cela nous a surpris d’autant plus que nous avons des bons rapports avec le parti de l’abeille » nous a confié, le désormais chef de l’opposition, Me Amidou Diabaté.

Auparavant, ce dernier, résolument inscrit dans l’opposition, avait lu la déclaration politique du groupe PARENA – SADI. Elle prend en compte tous les aspects politique, sociaux et économiques du pays.
Le Secrétaire général du parti du bélier blanc a d’abord rendu hommage à tous les martyrs du 26 mars 1991 dont le sacrifice suprême « nous vaut, aujourd’hui, de prendre la parole dans une assemblée démocratique avec majorité et opposition. En cette heure pour nous pleine de symbolique, nous nous inclinons devant leur mémoire. Cette mémoire dont le respect et la défense resteront pour nous un point d’honneur« .

Ensuite, il s’est montré préoccupé par la défense des plus pauvres, des plus démunis notamment les paysans : « Nous serons les porte-voix des paysans qui constituent près de 80% de la population et qui recèlent le taux de pauvreté le plus élevé ainsi que celui de l’extrême pauvreté. Qu’il s’agisse des paysans de l’Office du Niger, de la CMDT, des opérations de développement ou des zones non encadrées qui ploient sous le coût des redevances et des prix hors proportion des intrants agricoles, les produits de leur travail ne sont pas rémunérés de façon équitable, et leurs prix sont payés avec des retards qui induisent forcément une dépréciation monétaire.
Nous serons les porte-voix de tous les travailleurs, en particulier les ouvriers des mines d’or de Morila, Siama, Loulo, Sadiola et autres qui voient leurs droits régulièrement méconnus, parfois sanctionnés pour l’exercice de leur droit de grève constitutionnel. Au nombre des sans voix, il faut citer le cas de tous les partants volontaires à la retraite, de tous les déflatés du fait des privatisations sauvages qui ont frappé notre économie sur injonction des politiques néolibérales de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International…Nous serons les porte – voix des femmes, des enfants, des jeunes et des couches vulnérables pour appeler au respect de leurs droits constitutionnels.
 »

En outre, le groupe parlementaire PARENA – SADI a fustigé la corruption et la délinquance financière qui demeurent un véritable fléau pour l’économie malienne. « La lutte doit être menée de façon résolue et soutenue contre ces fléaux en vue de faire rentrer l’Etat dans ses fonds par des remboursements conséquents et créer ainsi les conditions financières de l’amélioration de la situation de l’ensemble des travailleurs. Des mécanismes de prévention adaptés doivent aller de paire avec la répression judiciaire dans le respect des droits de la personne humaine « .

Le groupe parlementaire de l’opposition a juré, la main sur le cœur, qu’il sera le porte-voix de tous les partenaires de l’école (enseignants, élèves et étudiants, parents d’élèves et administration).
Me Diabaté entend également se battre pour la dépénalisation des délits de presse : « Nous serons les porte – voix des journalistes, en particulier quand leur droit constitutionnel à la liberté se trouve violé. Nous sommes contre les emprisonnements arbitraires dont certains journalistes ont été victimes. La dernière en date est l’arrestation arbitraire au mois de juin 2007 de : Alexis Kalambry des Echos, Birama Fall du Républicain, Sambi Touré et Seydina Oumar Diarra dit SOD de Info – Matin, Mahamane Hamèye Cissé du Scorpion« .

Sur le plan des grandes réformes institutionnelles, le groupe de l’opposition est favorable au renforcement du pouvoir judiciaire, à la révision de la procédure applicable devant la Cour constitutionnelle, le renforcement de l’Assemblée nationale à travers l’adoption de la suppléance dans la loi organique déterminant le nombre des députés et le renforcement de son administration.
« Ces réformes prendront appui sur un système électoral rénové faisant une bonne place au scrutin proportionnel avec une inscription sur les listes électorales donnant immédiatement droit à une carte d’électeur infalsifiable avec photo incrustée tenant lieu de carte d’identité« .

Relevons, enfin, que l’opposition a salué la décision du chef de l’Etat d’aller à une réforme du système électoral dans le but d’améliorer le taux de participation. Elle a également salué sa décision de faire adopter une loi sur l’abolition de la peine de mort.

Chahana TAKIOU

25 septembre 2007.