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Dans un entretien qu’elle nous a accordé, hier jeudi 5 décembre à l’Hôtel Salam, l’avocate sénégalaise de la défense du Général Amadou Haya Sanogo, Me Dior Diagne, a dénoncé ce qu’elle a appelé » une impression assez partagée de manipulation, de faux » qui entoure ce « dossier fabriqué ».

Pour elle, l’inculpation de départ est un chef « complicité d’enlèvement « , une inculpation qui avait laissé beaucoup de personnes perplexes. La défense pose la question : qui est l’auteur principal ? Qui sont les personnes enlevées ? Mais elle constate que tout est en train d’être mis en œuvre pour coller d’autres chefs d’accusation à son client. « Car nous sommes informés qu’on veut corser le dossier « . Cela corrobore, a-t-elle assuré, ses premiers constats. » J’ai été frappée par la vacuité de l’accusation « .

A la question de savoir si la tâche de la défense n’est pas compliquée avec la découverte macabre du charnier de Diago, le mercredi 4 décembre dernier, l’avocate dira que la défense ne se laisse jamais démonter ou impressionner. « Il y aura peut-être même d’autres charniers qu’on va découvrir et lui imputer, nous avons été informés qu’on cherchait à corser son dossier. Et voilà, on a découvert un charnier, nous dit-on. Nous en sommes désolés. Notre client l’est encore plus. Il clame son innocence. Il est innocent. Il sait qu’il n’a jamais été mêlé de près ou de loin à ce qui s’est passé ; qu’il n’a jamais quitté son bureau au moment des faits. Et Me Dior Diagne d’ajouter que son client reconnaît toutefois que quelques fois on l’a informé de ce qu’on déplorait des morts et mêmes des disparus « .

Concernant les espoirs de la défense, Me Diagne dira que le pool d’avocats constitué reste confiant, dans la mesure où il est convaincu qu’on ne peut pas imputer des faits à une personne sans en apporter la preuve. La responsabilité pénale, a-t-elle rappelé, est individuelle. Elle souligne qu’il est nécessaire qu’on leur dise quand, où, comment et avec qui le général Sanogo aurait commis les faits incriminés. « La défense sait que c’est un dossier manipulé et elle s’attèlera à le démonter « , a-t-elle conclu.

Bruno Djito Segbedji

L’Indépendant du 6 Décembre 2013