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«Il est bon de recourir à l’article 50 de la constitution pour organiser la présidentielle uniquement dans les zones sous le contrôle de l’Etat»

Dans le cadre de la commémoration du 27ème anniversaire de la marche unitaire du mouvement démocratique, la Coordination malienne des organisations démocratiques (Comode) a organisé une conférence-débat sur le thème : «élections générales de 2018 : enjeux et défis». Cette conférence-débat était animée par Me Cheick Oumar Konaré, avocat à la cour, en présence du président de la Comode, Boubacar Mintou Koné. C’était le samedi 30 décembre 2017 à la Pyramide du souvenir.

Parlant des enjeux des élections générales de 2018, le conférencier, Cheick Oumar Konaré, a noté le renouvellement du mandat du président de la République et celui des députés en 2019, et l’organisation des élections locales et régionales. Selon le conférencier, ces élections doivent être organisées dans le respect des délais constitutionnels et du droit de chacun à la sécurité et à la vie. Aux dires de Me Cheick Oumar Konaré, «ces enjeux cruciaux nous exigent de mettre tout en œuvre pour que ces élections puissent se tenir dans les principes démocratiques».

Au nombre des défis, Me Konaré a parlé de la question sécuritaire. Selon lui, l’Etat ne contrôle ni le Nord, ni le centre, à l’exception des grandes villes. «Comment organiser des élections sans la présence des préfets et sous-préfets, des forces de l’ordre et des juges qui sont les acteurs principaux de la tenue d’une élection ?» s’interroge Me Konaré. Avant d’indiquer que «tenir des élections aujourd’hui au Nord et au centre, c’est exposer les électeurs aux dangers».

Autre défi, selon le conférencier, c’est l’inclusivité des élections, c’est-à-dire la participation de tous les Maliens. Il a également expliqué que la loi autorisant les candidats à la présidentielle de payer 25 millions comme caution exclut certains d’entre eux à la course qui peuvent avoir un bon projet de société pour le Mali. Le conférencier a aussi relevé le défi de la légalité. À l’en croire, «les délais sécuritaires et légaux sont menacés». Par ailleurs, Me Cheick Oumar Konaré a souligné que le Nord et le centre du pays sont envahis par les separato-terroristes et qu’il est impossible d’y tenir la moindre élection, surtout pas une élection présidentielle.

Dans ces conditions, soutient-il, «il est bon de penser à éviter le chaud dans le vide extraconstitutionnel, c’est-à-dire dans le vide que créerait une transition due à l’expiration du mandat du président de la République. C’est pourquoi j’estime que d’ores et déjà, il est bon de recourir à l’article 50 de la constitution pour prévenir et décider que la présidentielle se tiendra uniquement dans les zones sous le contrôle de l’Etat central. Il s’agit des régions outre que celles du Nord et du centre. Entre deux maux, il faut choir le moindre. Tenir des élections dans la partie que nous contrôlons vaut mieux que de tomber dans les pièges d’une transition politique avec tous les dangers qui accompagnent une telle transition».

Dans une déclaration lue par son président, Boubacar Mintou Koné, la Comode exige la fin de l’occupation de Kidal par la coordination des mouvements armés de l’Adrar ; le renforcement de l’autorité de l’Etat et des institutions de la République ; le respect de la forme républicaine et laïque de l’Etat, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali.

Notons que la marche unitaire du mouvement démocratique du 30 démembre 1990 avait pour objectif de réclamer l’ouverture politique et le multipartisme au Mali.

Diango COULIBALY
Du 05 Janvier 2018