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Monsieur le Directeur de publication du Journal L’Indépendant,

J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir publier la présente mise au point suite à l’interview donnée par le Sergent-chef de police Cheick Hamala Diakité dans L’Indépendant n° 3408 du 23 décembre 2013.

Le journal rapporte des propos tenus par le Sergent-chef Cheick Hamala Diakité, selon lesquels le ministre de la Justice d’alors, Malick Coulibaly les avait dissuadés lui et ses codétenus de toute plainte contre leurs tortionnaires en échange de leur libération.

Pour avoir été l’avocat de Cheick Hamala Diakité, ayant saisi le juge d’une demande de mise en liberté, l’honnêteté m’impose de corriger ces propos qui en aucun moment n’ont été tenus par le ministre Malick Coulibaly.

Bien au contraire, et c’est le lieu de le dire; c’est grâce aux efforts de Malick Coulibaly, que les détenus ont quitté Kati où ils étaient détenus sous la seule responsabilité du CNRDRE dans des conditions infra-humaines pour être placés au Camp I de la Gendarmerie de Bamako, conformément à la loi. Je témoigne que chaque fois que Malick était informé d’un quelconque abus à l’endroit des détenus, il n’a jamais manqué de réagir. Plus d’une fois, il s’est déplacé pour aller constater les conditions de détention et avait désigné un de ses chargés de mission, en la personne du Juge Konaré pour veiller sur la situation des détenus au Camp I et le respect de leurs droits.

Il n’est un secret pour personne que le Mali vivait une situation particulière et on ne peut qu’être reconnaissant à l’endroit de ceux qui ont soutenu et défendu les victimes de ces événements. Le «Juge» Malick est de ceux-là. Pour souligner la particularité de l’époque, il n’est pas inutile de rappeler que lorsque les premières mesures de liberté furent ordonnées par les magistrats dont il faut saluer ici le courage (ils étaient soumis à de sérieuses menaces), «ceux de Kati» ont investi le Camp I et empêché la libération des détenus. C’est encore lui Malick qui s’est investi pour lever les obstacles. Heureusement qu’il était là!

En ma qualité de militant des droits de l’Homme et d’avocat de tous les détenus dans l’affaire des bérets rouges, j’exprime ici toute ma reconnaissance au ministre Malick Coulibaly.

Bamako, le 27 décembre 2013

Me Amidou Diabaté, Avocat à la Cour

Membre de la CNDH

L’Indépendant du 6 Janvier 2014