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Signé officiellement au mois de novembre dernier entre les Etats -Unis et le Mali, le compact du Millenium challenge account (MCA) devra entrer en vigueur le 17 septembre au terme d’un processus d’élaboration et d’adoption des textes créant la structure et du recrutement du personnel. La réalisation d’un projet d’irrigation à Alatona (Zone Office du Niger) l’amélioration de l’aéroport de Bamako – Sénou et la réalisation d’un parc industriel sont les trois principaux projets initiés dans le cadre des fonds du MCA-Mali dont le montant total est de 460,8 millions de dollars US (244,8 milliards de F CFA) sur cinq ans.

Dans le cadre des perspectives de l’entrée en vigueur du Compact entre le gouvernement du Mali et le Millennium challenge corporation (MCC), le MCA-Mali a organisé hier, à son siège, au complexe administratif et commercial de l’ACI 2000, une session de formation à l’intention des journalistes. Elle a regroupé une dizaine de nos confrères de la presse écrite et parlée et surtout des radios rurales de la zone de l’Office du Niger.

Cette journée d’échanges avec les responsables de MCA et MCC-Mali (Mahamane Bania Touré, Directeur général par intérim du MCA-Mali, Jon Anderson et Gautam Ramnah de MCC…) ont permis aux participants de se familiariser avec cet important programme qui sera au cœur du second mandat du président ATT.

Le MCA est un nouveau partenariat de développement entre les Etats-Unis et les pays qui ont démontré leur engagement à la promotion de bonnes pratiques de gestion, à la bonne gouvernance et à la reforme économique. Les projets financés dans le cadre du MCA misent sur la croissance économique comme moyen d’enrayer la pauvreté et met un accent sur la gestion transparente, le contrôle et l’obligation à rendre compte.

Depuis l’élection de notre pays à cette faveur des Etats-Unis, les autorités ont tout mis en œuvre pour la rendre pratique et la faire profiter aux populations qui attendent ses réalisations impatiemment. Ainsi, les textes relatifs à la création du MCA-Mali ont été paraphés et le recrutement du personnel entamé. Le clou sera l’entrée en vigueur du programme, à compter du lundi 17 septembre et cela pour les cinq prochaines années. Au niveau du projet, les responsables s’activent pour les dernières retouches.

Rattaché à la présidence de la République, le MCA-Mali sera administré par un conseil de surveillance de 13 membres regroupant les représentants du gouvernement, la société civile et le secteur privé et une direction générale de dix personnes chargée de l’exécution du projet. Le directeur général ainsi que le personnel de direction seront recrutés après une procédure de sélection par appel à la concurrence.

En attendant la finalisation de ce processus, le programme avance sur le terrain. Les secteurs prioritaires d’intervention ont été identifiés. Ainsi, trois grands projets seront au cœur du MCA-Mali. Le premier est le projet d’irrigation d’Alatona. D’un coût de 122,3 milliards de FCFA, ce projet vise la croissance de la production et de la productivité, l’amélioration de la sécurité, la modernisation des systèmes de production irriguée, l’atténuation des incertitudes d’une agriculture tributaire de la pluie et par conséquent augmenter les revenus des paysans.² Le projet doit se traduire par l’irrigation de 16 000 hectares, soit 20 % d’augmentation des superficies exploitables en zone Office du Niger. Ce projet doit introduire des pratiques innovatrices dans la riziculture. Le projet prendra en charge la réinstallation de 800 familles qui seront déplacées. Il permettra la réalisation de 83 km de route bitumée.

Le second projet majeur est l’amélioration de l’aéroport de Sénou pour un coût de 46,7 milliards de FCFA devant contribuer à la croissance du trafic aérien et faire de ce lieu un pôle de développement. Le troisième projet sera l’aménagement d’un parc industriel situé dans la zone aéroportuaire pour 48,4 milliards de F CFA.

Ce projet mettra en valeur une plate-forme de 100 hectares pour les activités industrielles. Le projet comprendra également un appui de gestion de programme, de surveillance, de contrôle et d’évaluation pour un montant de 21,7 milliards de FCFA).

En tout cas, pour les responsables du programme, l’objectif final reste l’amélioration du niveau de vie des Maliens en améliorant les revenus de 40 000 paysans, accroître les exportations, améliorer les liaisons routières pour plus de 100 000 enfants en âge d’aller à l’école et, enfin créer 7. 000 nouveaux emplois au parc industriel, 18 000 nouveaux emplois dans le domaine du tourisme et 60 000 nouveaux emplois liés au développement du commerce.


Youssouf CAMARA

14 septembre 2007.