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Notre dossier du mardi 6 mars sur le scandaleux marché des matériels électoraux a suscité des révélations. Une source hors du Mali nous décrit les conditions dans lesquelles Inkript a été introduit au Mali dans un réseau mafieux.

« Il y a 2 ans, un des parents du président de la République du Mali est venu en visite au Liban en compagnie d’une délégation de diplomates sur invitation du consul de l’Erythrée au Liban. Au cours de sa visite, elle a fait la connaissance de la société Inkript Technologie à laquelle elle voulait attribuer les marchés de passeports, des cartes d’identité nationale et de l’enrôlement biométrique au Mali. Cela n’a pas marché parce que le passeport malien est fait par une société canadienne, la carte d’identité par une entreprise malienne et l’enrôlement biométrique par les Français. Plus tard en 2011, Inkript avait postulé à l’appel d’offres du marché de permis de conduire lancé par la direction nationale des transports par l’intermédiaire de Groupe malien d’informatique (GMI).

Inkript Technologie présent en Afrique et qui est en difficulté financière a fait son entrée au Mali par la grâce d’un vieux Libanais, locataire d’avion. Celui-ci travaillait avec une entreprise libyenne dont le représentant, Ali Hijazi, était basé pour un bon moment dans un hôtel de Bamako à l’époque. Jusqu’au moment où le président malien a pu se payer un avion présidentiel, le Libanais avait beaucoup d’arriérés de locations avec l’intermédiaire libyen.

Le marché des matériels électoraux était un bon prétexte pour solder les comptes. Il s’est agi d’adjuger ce marché à Inkript en cessation de paiement pour se refaire une nouvelle virginité financière, pour faire plaisir à l’avionneur libanais pour ses arriérés et satisfaire le parent du présiden, qui avait échoué dans une précédente attribution de marché de passeport et de carte d’identité nationale.

Dans ce marché, estimé à 5,922 milliards de F CFA, il faut préciser que 1 milliard de F CFA serait parti dans les pots-de-vin, 2 milliards de F CFA sont les bénéfices de la société Inkript et les 2,922 milliards de F CFA sont les coûts de fabrication des matériels.

En dépit de sa moralité plus que douteuse, ce marché ne peut pour rien au monde être annulé, car Inkript a déjà commencé à livrer les matériels sans être réglé. Si les fournisseurs maliens ont été privés de ce marché, nous espérons que les autorités maliennes pourront au moins épargner les caisses de l’Etat d’une saignée en ne payant que 3 milliards de F CFA au lieu de 5,922 milliards prévus ».

Par un lecteur de Les Échos

12 Mars 2012