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A Kidal, capitale présumée de l’AZAWAD, pas un seul centimètre carré n’est désormais sûr. Depuis cette fatidique date du 2 novembre dernier, Kidal est une zone insécure, une « terra incognita » où le rapt et la mort rodent en permanence. En ce qui concerne les journalistes, il y a cinq mesures à observer.

– Ne plus se rendre pour quelque raison que ce soit chez un dignitaire enturbanné, sans être flanqué d’un militaire de la MINUSMA ou de l’opération Serval ou encore de l’opération Hydre, la dernière née des opérations françaises.

– Informer auparavant de son point de chute, de sa destination, un ami, de préférence un agent de sécurité ou si possible, un détective privé. Lui donner mandat de vous filer comme dans un roman d’espionnage.

– Toutes les cinq minutes, appeler avec son portable pour donner sa position.

– Éviter de prendre le même moyen de déplacement pour l’aller et le retour.

Ce qui est arrivé le samedi 2 novembre, ne devrait plus arriver à Kidal ni à Gao, ni à Tombouctou. Ce jour 2 novembre 2013, on a assassiné non pas seulement Ghislaine, non pas seulement Claude, on a assassiné aussi la presse, la liberté et le droit à l’information.

Bamako est prévenue, la communauté internationale est prévenue. Ces gens-là ne reculent devant rien. Pour eux, la vie humaine, surtout celle d’un « mécréant » occidental, ne pèse pas plus lourd qu’une crotte de chat. Seule sa valeur vénale est intéressante à leurs yeux. Sitôt après la forfaiture, l’infamie du 2 novembre, certains des hommes en turban se retrouvaient à Ouagadougou pour parler de fusion de leurs mouvements armés.

C’est à croire qu’ils n’ont nullement été émus par le massacre des deux innocents journalistes de RFI. Ces derniers sont morts pour leur amour, leur passion pour la terre d’Afrique, pour la terre du Mali, pour la terre des hommes en bleu. Plus jamais ça.

« Le Pays »

Publié le mercredi 6 novembre 2013