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Ce n’est donc pas un hasard si les premiers textes de M.M. Diabaté sont des traductions en français de textes traditionnels oraux (épopée, contes).

En effet, il est de coutume qu’à l’âge de 21 ans, le jeune griot récite, au cours d’une veillée, la geste de soundjata, telle qu’il l’a apprise depuis sa plus jeune enfance auprès de son père.

Il s’agit comme d’une sorte d’examen de passage, l’enfant, devant ensuite partir loin de sa terre natale parfaire son savoir au contact d’autres maîtres.

Parce que, son éducation traditionnelle fut interrompue par moment par l’école moderne française et qu’il se sentait plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, M.M. Diabaté entreprit alors de conclure son apprentissage comme le veut la coutume.

Les textes français inspirés de la tradition sont remarquables même si M.M. Diabaté aimait à dire qu’ils « sont piètres, comparé à la parole de Kélé Monson ».

Quand il publie plus tard ses œuvres romanesques, M.M. Diabaté est toujours marqué par l’oralité. Comment en aurait-il pu être autrement, si l’homme n’a jamais ressenti la moindre frustration du fait de son appartenance à une caste (les griots ), qui est de nos jours totalement dévalorisée ?

La mort à Bamako en février 1988 de M.M Diabaté fit rappeler cette réflexion de Kélé Monson Diabaté : « Il n’est pas juste que le fruit vert tombe avant le fruit mûr ».

On mesure toute l’importance de cette réflexion, car c’est le principe même de la transmission de  » bouche à oreille  » si chère à l’oralité qui serait en réel danger.

Cependant M.M. Diabaté était déjà mûr et ses nombreux écrits participent à la chaîne de la transmission. Du reste, en croyant convaincu et en fidèle disciple, il n’a jamais pu oublier ces paroles de Kélé Monson Diabaté, paroles terribles parce que vraies : «  Les hommes passent. Les hommes se succèdent. Depuis toujours. Dieu l’a voulu ainsi ».

BIBLIOGRAPHIE :

Janjon et autres chants populaires du Mali – Parism Présence Africaine 1970

Kala Jata – Bamako – Editions Populaires, collection « Hier » – 1970

L’aigle et l’épervier ou la geste de Soundjata – Paris, P-J. Oswald – 1975

Une si belle leçon de patience (théâtre) – Paris, O.R.T.F / D.A.E.C – 1973

Le lieutenant de Kouta – Paris – Hâtier – 1979

Le coiffeur de Konta – Paris Hâtier – 1980

Le boucher de Konta – Paris – Hâtier – 1982

Comme une piqûre de guêpe – Paris – Prés. Africaine – 1980

L’assemblée des djinns – Paris – Prés. Africaine – 1985