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S’estimant victime de fraudes électorales en Commune I, le Collectif des partis politiques, mouvements et associations, menace de sortir l’arme de la désobéissance civile au cas où il sera débouté de sa requête aux fins d’annulation des résultats.

La page des élections communales du 26 avril 2009 est loin d’être définitivement tournée en Commune I. Le Collectif des partis politiques, mouvements et associations contre la fraude électorale persiste et signe : il ne reconnaît pas les résultats du scrutin du 26 avril 2009. De même que le conseil communal qui en résultera.

Il motive sa décision par l’acheminement tardif des résultats au niveau de la commission de centralisation, l’absence de cachet sur des documents électoraux, la discordance entre les résultats portés sur les feuilles de dépouillement et les procès verbaux, la différence entre le nombre de votants et les totaux de suffrages exprimés par liste de candidature, la création de bulletins nuls physiquement irréels. Autres irrégularités mentionnées par le Collectif : l’achat de conscience, le vote par anticipation.

Par ces motifs, le Collectif par la voix de son coordonnateur, Salim Camara, affirme que ce qui s’est passé en Commune I frise la pagaille électorale. Si l’on en croit Soufiana Touré, mandataire et secrétaire politique du PSR, sur les 56 enveloppes venues du centre de Boulkassoumbougou, 52 n’étaient ni scellées ni cachetées. Pourtant, poursuit-il, la loi électorale est claire en son article 98 alinéa 4 « les documents : procès-verbal, feuille de dépouillement doivent être mis sous plis fermé et cachetés portant la signature des membres du bureau de vote et éventuellement des délégués des partis politiques ».

Arme plus redoutable que les casses

Pour nous, « il fallait appliquer la loi« . Aux dires de M. Touré, la commission de centralisation avait accepté dans un premier temps le principe. Mais quelle ne fut sa surprise de voir le représentant du gouverneur du district, Allaye Téssougué, instruire que les enveloppes non cachetées et scellées soient prises en compte dans le dépouillement. « Et cela malgré le refus de la quasi-totalité des représentants des différentes listes de candidature », explique le mandataire.

Le Collectif se dit fonder à croire que l’aspiration des populations n’a pas été exprimée encore moins respectée. « Nous ne reconnaissons pas le conseil communal. Il est illégal et illégitime », indique Soufiana Touré. Le Collectif, qui n’entend pas lâcher prise, se dit déterminé à transporter le contentieux devant la Cour suprême au cas où il perdra devant le Tribunal administratif. Et si d’aventure, averti-t-il, il sera débouté des deux côtés, il n’écarte pas l’hypothèse de la désobéissance civile qui n’est pas cependant synonyme de casse ou autres actes de vandalisme.

Celle-ci, selon le Collectif, pourra néanmoins se traduire par l’incitation des populations à ne pas s’acquitter de leurs taxes et impôts. « Le Collectif répondra de ses actes », assure le secrétaire politique du PSR. Toutefois, le Collectif dit qu’il sera légaliste jusqu’au bout. « Nous faisons confiance en la justice et en l’administration maliennes« .

Sont membres du Collectif le Sadi, le Parena, l’UFD, le Cnid, le PCR, l’alliance Miria/URP, l’alliance PDS-Cnu-MDD, l’alliance US-RDA-FCD-REDD, MC/Yereko et Faso Jigi. C’est dire que c’est sur fond de contestation qu’aura lieu l’élection des conseillers communaux en Commune I prévue en principe ce mardi.

Mohamed Daou

18 Mai 2009