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Il s’appelle Aboubacar Tangara dit « Konon toulouman » ce qui veut dire en langue bambara « l’oiseau gras ». Il affiche des apparences de très bonne santé physique. Presque quinquagénaire. Il est nanti d’une masse telle qu’à une première vue, toute âme est subjuguée. Mais l’escroquerie lui est chevillée au corps.

Véritable aventurier, « l’oiseau gras» En tous les cas, « l’oiseau gras» est vraiment le « number one » dans son Koïla-Bamana, voire dans tout l’arrondissement de Dioro, circonscription où, il a longtemps sévi en toute impunité.

Dans son art, il aura fait la pluie et le beau temps, jusqu’à un certain jour de ce mois de mai. M. Kabirou est l’une des dernières victimes du magicien des billets de banque. Il est commerçant de son état. Porté par le gain, il ambitionne de devenir riche comme Crésus.

Pendant longtemps, il a désiré rencontrer le gredin, une de ses connaissances qui le lui permettra.

A la visite, Kabirou, accompagné de son camarade, expose l’objet de leur venue : devenir très riche. Des questions seront posées au magicien. Ses réponses ne seront pas que théoriques ; séance tenante, de ses mains ouvertes et orientées vers son client, tomberont 15 000 F CFA.

La somme d’argent d’ailleurs sera dépensée dans l’achat de dattes que Tangara et ses deux hôtes mangeront. Le client était maintenant fondé que son interlocuteur est l’oiseau rare pour le satisfaire.
Le tour est venu à « l’oiseau gras » de poser ses conditions de travail, en fonction du nombre de millions que son client voudrait avoir.

Kabirou, lui escomptait sur trente briques. Pour ce faire, le magicien lui réclamera 3 millions. Le marché est conclu. Les trois millions lui seront versés, intégralement, en deux temps. Deux canaris sont donnés au client dont, l’un est plein d’eau magique avec laquelle il se lavera pour un temps.

Les consignes strictes d’utilisation sont suivies par le client, mais au bout des séances de lavage avec le liquide du magicien, l’autre canari qui devrait être rempli des liasses de 30 millions, ne contenait aucun sou.

Notre cupide décide de revenir chez le magicien pour lui expliquer que les choses ne se sont pas déroulées comme prévues puis réclamera la restitution des 3 millions. « L’oiseau gras », comme il en a l’habitude un refusera, ajoutant que son pauvre client pouvait aller se plaindre là où il voudrait.

L’infortuné reconnaîtra qu’il est en partie comptable de sa mésaventure. A la brigade de gendarmerie, où des plaignants l’avaient convoqué pour non paiement de dettes contractées, il expliquera sa scène de mésaventure. Le commandant de brigade ouvrira alors la chasse à « l’oiseau gras ».

Un de ses éléments sera chargé d’exécuter la mission en compagnie de l’infortuné et de son camarade. La mission arrive à Koïla. Sans aucune forme de transition, le gendarme signifiera à « l’oiseau gras » qu’il ne pouvait plus voler librement et qu’il était désormais en état d’arrestation. « L’oiseau gras» attend d’être jugé.

I. Diallo

(correspondance particulière)

28 Mai 2010.