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Lorsqu’un jeune homme décide de prendre épouse, sa famille envoie un griot ou un forgeron auprès du père de celle qu’il convoite avec un présent symbolique de 10 colas accompagnés de 500 F CFA francs légers. Le père, envoie l’émissaire à un proche (ami ou frère car, généralement, le père ne donne pas sa propre fille en mariage).
Une fois la décision prise (en demandant ou non l’avis de son enfant), un griot est envoyé pour faire connaître cette réponse à la famille du prétendant. Si elle est affirmative, il gardera le présent, dans le cas contraire, le griot le restituera.

En cas d’accord, le nouveau fiancé fera apporter à son futur beau-père 3 lots de 10 colas et une somme de 1500 F CFA soit 500 F CFA par lot. A partir de cet instant, les choses sont prises en main par la mère de la fiancée. En accord avec ses sœurs et belles-sœurs, elle fixera le montant de la dot qui n’a pas de plafond.

Le panier de colas et l’argent seront distribués dans toutes les familles : parents et amis, à raison de 5 à 12 colas et de 100 à 1000 F CFA selon le degré de parenté et d’amitié.

Autrefois, tous les mariages étaient arrangés et certaines familles respectent encore cette tradition. Le mariage arrangé est une tradition culturelle chez beaucoup d’ethnies. Toutefois, le mariage arrangé et le mariage forcé ne se confondent pas. Dans le premier cas, les parents demandent l’avis des enfants alors que, pour le mariage forcé, les parents utilisent des moyens de pression pour obtenir le consentement de la jeune fille.

La survivance des règles coutumières complique les choses chez nous : désormais, tout jeune, pour avoir une fille, doit se soumettre à trois procédures, ou l’épouser trois fois : devant Dieu, aux yeux de la loi et traditionnellement. Cette situation n’enchante pas tous les jeunes, car, elle est prétexte à des dépenses.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’il a été chez certaines ethnies du Mali ?

Les Echos ouvre le débat.

Alexis Kalambry

02 Mars 07