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Les mariages précoces sont fréquents au Mali, un pays pauvre où cette pratique constitue, à elle seule, une des plus grandes menaces des droits des jeunes filles. L’ignorance, la puberté précoce et la pauvreté sont, entre autres, les facteurs qui le favorisent dans notre société.

Pour les Maliens, cette pratique est pleinement justifiée puisqu’elle s’inscrit dans les concepts culturels de la société. Le mariage précoce est également perçu comme une manière de protéger la virginité de la fille. La plupart des cultures africaines attachent une grande importance à la virginité de la fille dès le bas âge.

Les causes du mariage précoce sont multiples et diverses.
La pauvreté est l’un des principaux facteurs qui expliquent les mariages précoces. Une jeune fille issue d’une famille pauvre peut devenir une charge économique insoutenable pour les parents. Le mariage transmet cette responsabilité à la famille du fiancé.

Le mariage est utilisé pour légitimer les relations sexuelles et pour renforcer les relations entre familles. En milieu rural, les jeunes filles n’ont souvent pas le droit de choisir leur mari. Elles ne décident pas non plus de l’âge auquel elles se marient.

Pourtant, la loi malienne met des garde-fous au mariage précoce. Par exemple, les mariages forcés sont passibles d’une peine d’une à cinq années de prison.

« En mariant une jeune fille trop tôt, on lui vole son adolescence. Privée de sa liberté, elle se voit contrainte de se soumettre à des relations sexuelles non consenties. Cette pratique est lourde de conséquences psychosociales et émotionnelles», a expliqué Dr Boureïma Téréta, professeur à l’université de Bamako.

Le mariage précoce a des conséquences sociales et en matière de reproduction. Sur le plan médical, le mariage précoce conduit à des grossesses précoces. Les jeunes filles adolescentes sont exposées à des complications de l’accouchement.

Il faut noter également les conséquences psychologiques et émotionnelles sur la petite fille. Il la prive de liberté et d’épanouissement individuel car la fille mariée en âge d’être scolarisée doit abandonner l’école.

Nouhoum Dicko

11 Juillet 2008