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Le mois du ramadan tire à sa fin. Et malgré la fièvre du 2e tour de la présidentielle, les préparatifs de cette fête religieuse ont commencé sur les chapeaux de roue. Les marchés de la capitale sont pris d’assaut par les Bamakois.

Ramadan 2013 est bientôt fini ! La fête de l’Aïd el-Fitr pointe le nez, comme en témoigne le regain commercial constaté sur les marchés. Les dépenses promettent d’être décuplées surtout que les prix des tissus, comme ceux des produits de consommation, ont enregistré des hausses notables.

Certains ont pris d’assaut les marchés pour faire leurs emplettes de fête avant que les prix n’atteignent leur niveau le plus élevé dans les derniers jours du mois de jeûne ou en plus de la hausse des prix, les marchés envahis par des marées de clients deviennent inaccessibles.

C’est donc un coup dur qui attend les chefs des familles aux revenus faibles, aggravé par la crise que traverse le pays. Déjà les marchés refusent du monde et comme d’habitude, les tailleurs, les vendeurs, les salons de coiffure et les teinturières subissent une forte pression de la part des clients pour travailler de manière quasi permanente afin de profiter de cette occasion.

Aux Halles Félix Houphouët-Boigny de Sogoniko, la ruée des femmes et des enfants est perceptible. A l’entrée, les étals sont remplis d’articles divers, nécessaires pour orner les tresses des femmes. Des vendeurs de chaussures, d’habits ont pris d’assaut les bordures des passerelles du marché.

« Le marché est maintenant rempli de toutes sortes de personnes et nous sommes très perturbés en ce moment. Pour nous, la police doit souvent intervenir pour mettre fin a cette anarchie qui perturbe nos clients », implore Pascal Traoré, locataire d’un magasin. Selon lui, a l’approche des grandes fêtes comme l’Aid el-Fitr, les petits commerçants envahissent tout le marché et encombrent les clients qui ne parviennent même plus à garer leurs engins.

De bonnes affaires malgré tout

Dans cette ambiance chambardée, les tresseuses semblent loties en termes de bonnes affaires. Assises à l’ombre sous de hangars improvisés, elles gagnent beaucoup d’argent par jour, témoigne Saran Traoré, tresseuse. Et d’avouer : « J’emploie trois filles qui tressent pour moi. Par jour, chacune de nous tresse au moins trois têtes. Ce qui fait un revenu journalier d’environ 75 000 F CFA« .

A celles-ci, il faut ajouter celles qui font les tatouages. Ces deux services sont devenus quasiment incontournables dans la parure des femmes. « Je préfère un bon tatouage et une jolie tresse pour l’Aïd el Fitr et le boubou attendra la fête de Tabaski« , explique une cliente rencontrée.

Au Grand marché de Bamako, l’ambiance est rythmée par des tam-tams et bruits de la foule. Devant les boutiques et au « Rail da« , Drissa invite les passants à acheter ses articles composés essentiellement d’habits pour enfants, les principaux intéressés par la fête. Et apparemment, il ne se plaint pas du tout. « Je réalise un bénéfice net de 5000 à 10 000 F CFA par jour depuis une semaine. Mes articles sont bon marché et vraiment c’est la ruée. Je préfère vendre moins cher et réaliser régulièrement des gains plutôt que de vendre cher au risque de ne rien avoir« .

Pour Demba Diallo, vendeur de chaussures, de chaussettes et de sous-vêtements, le marché n’est pas comme les autres années, car « les gens n’ont pas d’argent cette année et les activités politiques avec la présidentielle occupent plus les chefs de famille. Mais ça va aller et les Maliens aiment fêter donc en deux jours tout est possible« .

Dans les rues, les ateliers de couture sont remplis, les tailleurs très enthousiastes, disposés à satisfaire la demande de milliers de clients aux goûts très variés. Certains travaillent même le soir pour terminer des commandes faites la veille. Les femmes et les enfants pressent les chefs de familles qui font tout pour assurer ses dépenses.

Sory I. Konaté

(stagiaire)

Les Échos du 07 Août 2013