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Malgré les immenses potentialités pour parvenir à une autosuffisance alimentaire, le Mali demeure un pays importateur de céréales. La « marche vers l’emploi agricole », une caravane en zone office du Niger, a permis à de nombreux jeunes Maliens, futurs agriculteurs, de découvrir une des facettes de ces potentialités et de s’engager dans l’agriculture.

« La marche vers l’emploi agricole » a drainé de centaines de jeunes Maliens venus des régions et du district de Bamako et dont certains sont résolument engagés à faire de l’agriculture leur profession. Malgré les immenses potentialités pour parvenir à une autosuffisance alimentaire, le Mali demeure un pays importateur de céréales. Le pays importe environ 4 millions de tonnes de céréales par an.

L’objectif de cette caravane était de faire connaître aux jeunes les opportunités d’emplois dans le secteur agricole notamment dans la culture du riz. Il s’agissait en particulier pour les jeunes de prendre langue avec des paysans afin de s’imprégner tant des difficultés que des retombées dans la culture du riz, de l’agriculture en général. Bewani n’a pas été choisi au hasard.

Plusieurs jeunes y sont installés et s’en tirent à bon compte malgré les difficultés qu’ils affrontent dans l’exploitation de leurs parcelles. Les jeunes caravaniers ont tour à tour visité la ferme de Fafa Dembélé et les périmètres irrigués de Bewani.

La ferme Fafa Dembélé est une ferme agro-sylvo-pastorale d’une superficie de 30 ha. Ici, le système d’irrigation se fait à partir de forages. En plus de la culture de céréales (maïs), la pisciculture, l’aviculture, la fabrique industrielle de bottes de foin, l’embouche bovine y sont pratiquées. Les bananeraies et les orangeraies sont également des productions qui font la fierté de la ferme.

Les échanges avec Ousmane Dembélé, responsable de la ferme, ont permis aux jeunes caravaniers de se faire une idée des opportunités d’emplois que peut offrir une ferme, mais aussi des efforts à fournir pour sa réussite.
Aux jeunes désireux de devenir fermiers, M. Dembélé a singulièrement conseillé, l’amour de ce métier, le courage et la patience.

A Bewani, les jeunes ont constaté physiquement les immenses richesses (terres et eaux) dont dispose le pays en matière de riziculture et autres cultures et écouté les messages et témoignages de producteurs agricoles pilotes et de jeunes installés sur des périmètres irrigués de Bewani.


Contribuer à l’autosuffisance alimentaire

Bamoussa Touré, le représentant des jeunes ruraux installés en 2007, témoignera sur les retombées positives dues à l’exploitation des terres. Selon lui, « en s’engageant dans l’agriculture, les jeunes veulent agir et contribuer à l’autosuffisance alimentaire ». Cependant, a-t-il évoqué, certaines difficultés risquent de mettre en péril les projets des jeunes ruraux et qui sont dues à l’inexistence d’un fonds d’aide, le coût de production à l’ha ( 432 300 F CFA), le manque de logement etc.

Bakary Togola, grand producteur céréalier et président de l’APCAM, Abou woro, jeune opérateur économique et aussi producteur industriel en zone office du Niger, Modibo Kimbiri, maire de Dogofry et paysan et Boukadari Diarra, éleveur, ont fait chacun des témoignages sur leurs activités et ont donné des précieux conseils aux futurs jeunes agriculteurs pour la « révolution agricole », c’est-à-dire l’autosuffisance alimentaire et l’exportation des céréales.

La création d’emplois n’est pas seulement le but recherché tant par les autorités que les jeunes, il s’agit aussi à court terme, de participer à la réussite de l’« Initiative riz » et à long terme de toujours pouvoir satisfaire nos besoins nationaux puis d’exporter. En tous les cas, les deux parties (jeunes et gouvernement) ont affirmé être prêts, chacune en ce qui la concerne, de jouer sa partition.

Dans une Déclaration remise au Premier ministre, qui les a reçus dimanche à la primature aux termes de la visite de terrain, les jeunes caravaniers, par la voie du président du conseil national des jeunes, Sirima Traoré, ont pris l’engagement de faire du Mali le grenier de l’Afrique.

Mais pour y parvenir, ils ont lancé un appel au gouvernement à tout mettre en œuvre pour créer les conditions favorables à l’installation, la formation et l’accompagnement des jeunes ayant opté pour l’agriculture et l’institution d’un « Fonds jeunes agricoles » afin de financer l’aménagement, l’équipement et la dotation d’un fonds de roulement des jeunes agriculteurs.

Denis Koné

17 Juin 2008