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Longtemps dans la léthargie, le Mouvement démocratique malien qui regroupe des partis politiques, associations et organisations de la société civile se réveille. Samedi, ils se sont retrouvés au CICB. Objectif : commémorer le 30 décembre 90, jour de la marche unitaire pour réclamer l’instauration du multipartisme et plus de liberté et en même temps jeter les fondements d’une véritable union.

jpg_rencontre_politique.jpgExceptée l’Association des victimes de la répression de mars 1991 (ADVR), toutes les associations et organisations de la société civile, les partis politiques issus du Mouvement démocratique étaient présents à la cérémonie de commémoration de la marche unitaire du 30 décembre 1990.

Il s’agissait de rendre les actions pérennes, a indiqué le président du comité d’organisation de la journée de commémoration, le Pr. Ali Nouhoun Diallo. La journée a été marquée par la projection d’un film documentaire sur la marche du 30 décembre 1990 et des témoignages sur la lutte qui a abouti à la chute du régime dictatorial du général Moussa Traoré.

Dans une ambiance empreinte de courtoisie et souvent de montée d’adrénaline, les intervenants ont mis à nu certaines contradictions qui conduit à l’affaiblissement du Mouvement démocratique.

Qui aurait cru que, ayant mené la lutte ardue au coude à coude, au risque de leur vie, les démocrates maliens, à cause du pouvoir, se seraient tant haïs, renier les uns les autres, s’entre-déchirer, s’écarter des idéaux du 26 mars 1991 au point que cette date est tombée dans les oubliettes eu égard à l’état actuel de la nation.

C’est pourquoi, des critiques et des propositions en vue de ressouder le Mouvement démocratique, qui au fil des ans, il faut l’avouer, s’est estompé, voire discrédité, ont été faits par les différents intervenants.

En effet, l’insécurité, la crise scolaire, la cherté de la vie, le manque de soins de santé, la corruption, la délinquance financière, le clientélisme, le népotisme, le favoritisme, la liste n’est pas exhaustive, sont autant de maux auxquels le 26 mars 1991 était susceptible de donner une réponse, mais apparemment qui ont encore de beaux jours devant eux.

A l’issue de la journée, il a été recommandé l’institutionnalisation de la journée. Il a été décidé que le Mouvement démocratique se ressaisisse, se retrouve en vue d’une union forte et surtout que les leaders politiques oublient leurs ego. Jeudi, une restitution de la journée de commémoration sera organisée à la Pyramide du souvenir.

« Démocrates du Mali, unissez-vous ! »

C’est le cri de cœur lancé par les veuves Kadari Bamba et d’Ibrahim Ly. Les témoignages de ces épouses des combattants pour l’avènement d’un ère démocratique au Mali que furent Ibrahim Ly et Kadari Bamba, n’ont laissé personne insensible.

Les vérités de l’ADJ

L’Association démocratie justice à travers son représentant, Mahamoud Sidibé, n’est pas allé par mille chemins pour mettre les partis politiques dans leur rôle primordial : celui de la conquête du pouvoir.

Aussi a-t-elle félicité tous les partis politiques qui ont présenté leur propre candidat à la présidentielle d’avril 2007 de même que ceux qui sont partis à contre-courant de leur formation politique en se portant candidat. A l’en croire, l’ADP est un accident de parcours politique.

Bakary Pionnier : « Yes we did it ! Yes we can ! »

Bakary Koniba Traoré est bien connu pour son lyrisme. Répondant à ceux qui, à ses dires, n’aiment pas le Mouvement démocratique, il a indiqué que les acteurs du Mouvement politique, n’entendent pas faire de ce mouvement un fonds de commerce. Pour M. Traoré, le peuple malien s’est toujours levé comme un seul homme pour combattre son ennemi, il le fît le 26 mars 91. Et si une menace se profilait, il saura encore se lever car il le pourra.

Denis Koné

12 Janvier 2009