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Tout n’est pas de dénoncer l’existence d’une huile noire sur les marchés. Tout doit être dans l’éradication de ce fléau qui brise l’élan des entreprises nationales et expose les populations à toutes sortes de risques.

Depuis un certain temps, la télévision nationale, à travers un sketch, fait état de la présence, sur les marchés, d’une huile impropre à la consommation. Dans une plage publicitaire sur l’ORTM, des comédiens tournent en dérision le produit dans le but de mettre en garde les consommateurs sur les dangers liés à l’utilisation de cette denrée. Le message est clair.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’au Mali, de nombreuses structures bien qu’ayant pour mission de lutter contre la contrebande, la concurrence déloyale ou pour promouvoir la sécurité sanitaire des aliments semblent dormir les deux poings fermés. Si des descentes dans les marchés étaient organisées pour traquer les produits impropres à la consommation, il n’y a pas longtemps, force est de constater aujourd’hui que chacun n’en fait plus qu’à sa guise.

La télévision a joué son rôle d’information et de sensibilisation. Nous nous attendions à ce que la répression reprenne le flambeau. Malheureusement, l’on continue d’écouler le produit dangereux au vu et au su de tous.

Or, il n’est un secret pour personne que la contrebande et la concurrence déloyale sont le socle sur lequel reposent les malheurs de nombreuses unités de production nationales, qui ont été contraintes de mettre la clef sous le paillasson, renvoyant à la rue des centaines de travailleurs. La production d’huile dans de mauvaises conditions hygiéniques est assurément un vecteur de maladies graves.

En son temps, sous la férule du ministère de l’Industrie et du Commerce, compte tenu de la vétusté ou de l’inadaptation des moyens de production et sur la base d’un rapport du Laboratoire national de la santé (LNS), il avait été procédé à la fermeture de plusieurs huileries artisanales, notamment dans le cercle de Koutiala.

Aujourd’hui, des services comme la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire des aliments (Anssa), la direction générale de la protection civile et les forces de l’ordre sont interpellés et devront agir vite. Il en va de la sauvegarde des unités de production, qui respectent les normes, mais aussi et surtout de la préservation de la santé des consommateurs.

A. M. T.

16 Janvier 2009