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Le talent de Mamoutou Traoré « Moutous » est à découvrir au Marché national des arts.

Au Mali, le chantier de la culture est immense et diversifié. De la même manière qu’on retrouve une multiplicité de la culture, l’on retrouve dans les autres régions, des jeunes talentueux à l’image Mamoutou Traoré « Moutous » de Ségou, un jeune artiste plasticien au talent incroyable. Rares sont les jeunes artistes plasticiens de Ségou et même du Mali qui peuvent lui damer le pion aujourd’hui. Ce jeune talent à la création confirmée étonne par ses œuvres à chacune de ses sorties. Son entourage et même certains de ses « maîtres » l’admirent.

A quelques mètres du Djoliba, le village d’expositions du Palais de la culture Amadou Hampathé Ba, émerge par l’originalité de sa verdure ainsi que par sa multifonctionnalité. Des artistes plasticiens peintres et sculpteurs du Marché national des arts y tiennent un atelier de formation. Parmi eux figure un artiste sculpteur de taille : Mamoutou Traoré alias « Moutous ».

L’immensité et la diversité de la culture malienne fait que ce jeune est en train de faire un travail extraordinaire qui le différencie de beaucoup d’artistes. Ce qui caractérise « Moutous », c’est sa façon de faire son travail.

Pour cette 4e édition, ces quatre œuvres qui sont exposées au Musée national, à l’INA frappent par leur originalité et la finesse dans leur finition. Si la tendance actuelle est aux sculptures géantes ou aux figurines d’hommes et d’animaux, « Moutous » sculpte plutôt selon ses états d’âme et son inspiration.

La forme de ses œuvres n’est jamais définie par avance chez lui. « Il m’arrive parfois de m’asseoir avec la petite hache devant un morceau de bois sans savoir exactement ce que je vais en faire. Mais, par la suite, je me rends compte que je suis en train de sculpter quelque chose qui me tenait à cœur ».

Dans toutes ses œuvres, Mamoutou essaye de se singulariser. Cela se voit dans « Cœur de femmes » exposé au Musée national sur laquelle les visiteurs tardent longuement, du fait de son originalité. A travers cette sculpture, taillée en forme de cœur, Mamoutou montre le comportement de la femme. « J‘avais un morceau de bois en observation. Après avoir glané les parties superficielles, une partie s’est révélée en rouge avec des filets. Cela m’a rappelé un cœur. J’ai donc décidé d’en faire un cœur ».

Autre œuvre de M. Traoré, admiré par un public qui ne cesse de roder autour, c’est « la Grogne des enfants » qui dénonce le comportement des adultes par les enfants qui, à leurs yeux, sont à la base de toutes leurs souffrances. Il y a aussi « Kotè », « Bénédiction, malédiction » : deux autres œuvres que « Moutous » a amenées de la Cité des Balanzans.

Ce talent et savoir-faire M. Traoré ne les a pas reçus dans une école d’art. Il est autodidacte. « C’est le destin qui m’a conduit sur cette voie ». L’homme est un produit de l’Ensec de Koutiala où il a reçu la formation de biochimie en 1982. « J’ai aimé ce métier depuis à bas âge ». Pour lui, l’art est un tout. « Juste après mes études, je me suis lancé dans l’écriture d’un scénario de film (Ne t-en va pas) » organisé par l’ORTM en 1996 où le 2e prix m’est revenu ».

L’appétit venant en mangeant, « Moutous », en 2000, se baignait dans une atmosphère de créativité propice à l’éclosion de son vrai talent d’artiste. Il remporte le 1er prix peintre organisé par Angoulême, la ville jumelle de Ségou (France). Ce n’est pas tout, à la 2e édition du Marché national des arts en 2004, il remporte le 3e prix.

En 2006 le jeune s’adjuge du prix « Sporting Marlian Art » en compagnie de son ami, Thierno Diallo, une autre révélation des arts plastiques maliens. L’homme s’est définitivement converti dans la sculpture. « La peinture évolue selon les moments alors que nous nous ignorons de toute évolution. Nous sommes loin de la capitale ».


Bon vent « Moutous » !

Amadou Sidibé

26 Juin 2008