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La marche de l’Union nationale pour la renaissance (UNPR) Faso Dambé, qui devait partir de la Bourse du travail à l’Assemblée nationale mardi, a été interdite par le gouverneur du district de Bamako qui évoque des troubles à l’ordre public .

Le gouvernement du Mali est dans la logique d’abolir la peine de mort. Si cet acte du gouvernement a ses partisans notamment les associations de défense des droits de l’Homme, il y a aussi ceux qui sont contre.

L’Union nationale pour la renaissance, un parti politique, fait partie des derniers cités. Le parti que dirige Modibo Sangaré avait appelé hier à une marche pacifique de protestation.

La marche, qui devait partir de la Bourse du travail pour prendre fin place de la République où un mémorandum devrait être remis au président de l’Assemblée nationale, a été interdite par le gouverneur du district de Bamako.

Dans sa correspondance adressée au président de l’UNPR, le gouverneur évoque paradoxalement les articles 16 et 17 de la loi portant charte des partis politiques au Mali. Selon l’article 16, « les partis organisent librement leurs activités. Toutefois, les manifestations dans le domaine public sont soumises à une déclaration préalable.
La direction du parti, dans la collectivité territoriale donnée, adresse une déclaration à l’autorité compétente trois jours avant la date de la manifestation.
Lorsque par le fait d’une manifestation des dommages sont causés à la sécurité des personnes et des biens, les partis organisateurs de la marche ou du meeting sont civilement responsables
».

Sur ce point, le président de l’UNPR assure que son parti avait pris toutes les dispositions nécessaires et rempli toutes les formalités administratives dans les délais requis. Quant à l’article 17, il indique que « les marches ou meetings de protestation ou de soutien des partis politiques ne sont pas soumis à une autorisation. Cependant, les organisateurs sont tenus d’informer les autorités compétentes au moins 48 heures avant la date de la manifestation ».

Pour le président de l’UNPR, l’interdiction de la marche est une violation flagrante de la charte des partis. En tout état de cause, mardi, le boulevard de l’Indépendance, la Primature ainsi que les environs de la Bourse du travail avaient été occupés par des éléments de la force de maintien de l’ordre. Ainsi, la marche s’est transformée en un meeting d’information au cours duquel le président de l’UNPR a raconté les circonstances dans lesquelles la marche a été interdite.

M. Sangaré, a de nouveau dénoncé l’attitude du pouvoir à piétiner les libertés des partis politiques à manifester ou marcher et d’avoir contacté les imams des mosquées afin qu’ils disent à la prière de l’aube que la marche n’aurait pas lieu. Selon M. Sangaré une rencontre était prévue entre son parti et les autorités dans la soirée d’hier. En attendant les résultats de cette rencontre, il a invité les militants et sympathisants à rester vigilants.

En plus de l’abolition de la peine de mort, l’UNPR reproche au gouvernement de ne pas procéder à une relecture consensuelle du code de la famille.

Denis Koné

14 novembre 2007.