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C’est dans le cadre de la promotion du Marché Financier de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) que la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a organisé (le 29 Octobre, à l’Azalaï Hôtel Nord-Sud) un séminaire de renforcement des capacités des professionnels des médias, portant sur le thème : “Le Marché Financier régional de l’UEMOA et le Rôle des médias dans la diffusion de l’information boursière“.

L’ouverture dudit séminaire par le Président du Conseil d’Administration (PCA), M. Tiémoko Yadé Coulibaly, et la présentation de la BRVM par son Directeur Général, M. Jean-Paul Gillet, ont été suivies des exposés du Directeur de l’Antenne Nationale de la Bourse du Mali, M. Amadou Djéri Bocoum, et du Chargé de Développement du Marché, M. Khassim Diop.

La BRVM de la zone UEMOA (Afrique de l’Ouest) dispose de 8 antennes sous-régionales (pour 84 millions d’habitants) basées au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau, au Niger, au Sénégal et au Togo.

Il y a quelques mois, la bourse a entrepris une vaste campagne d’information et de sensibilisation au niveau de la zone UEMOA, en vue d’une bonne compréhension du système du Marché Financier par les médias, et partant, par les populations de la zone UEMOA.

Selon le PCA, M. Tiémoko Yadé Coulibaly, le Marché Financier est essentiel pour la bonne gestion d’une entreprise. Sa première mission a trait à la mobilisation de l’épargne ; et sa deuxième mission consiste à favoriser les privatisations et intégrer l’ensemble de la zone UEMOA. Mais privatiser ne voulant pas dire brader, il s’agit de permettre aux opérateurs économiques de s’intéresser davantage au privé. Dans ce cadre, le rôle de l’Etat consiste à réguler ; mais l’Etat ne peut être en même temps opérateur économique.

Le développement d’un Etat se mesure par l’importance du Marché Financier. Le plus souvent, nos Etats se ”ravitallient” financièrement, soit par le biais des bailleurs de fonds, soit par celui des accords bilatéraux ou mulilatéraux signés avec des pays (de Hexagone, en général). Mais avec ces accords, nos Etats sont généralement soumis à un taux variant entre 18 et 22%, sans compter d’autres désagréments éventuels relatifs à ce taux. D’où la création du Marché Financier au niveau de la zone UEMOA.

Ce qui se passe aujourd’hui au niveau des économies du monde démontre à suffisance toute l’importance du Marché Financier… Aussi, nous n’avons que l’information, pour mieux véhiculer le système de ce Marché…”, a souligné le Directeur Général de la BRVM, M. Jean-Paul Gillet. Mais la compréhension dudit système passe nécessairement par celle de la notion de Bourse.

La Bourse, c’est tout simplement un marché, tout comme le marché de légumes ou d’autres denrées : l’acheteur y va pour achèter ce qu’il veut. Et tout comme la Bourse du pétrole ou la Bourse des devises (par exemple), il y a la Bourse des Valeurs où se rencontrent acheteurs et vendeurs ; où un vendeur, qui détient des actions, cherche “preneur”, c’est-à-dire un acheteur. C’est en somme la recherche du bénéfice.

Expliqué sous cet angle, les populations seront mieux amenées à comprendre et adhérer à l’idée et au concept de la Bourse. D’autre part, l’économie étant plus facile à transformer que les mentalités, il est imortant que pour leur meilleures compréhension et appréhension par les populations de la zone UEMOA, le concept et le système de Bourse soient véhiculés dans nos langues sous-régionales vernaculaires.

En efet, la plupart de nos opérateurs économiques et autres nantis étant en majorité analphabètes, bien d’entre eux avaient manifesté une nette réticence envers les systèmes bancaires, au moment de leur avènement dans le circuit financier de la sous-région. C’est qu’ils en ignoraient tout simplement l’utilité et la portée, tout comme la majeure partie de nos populations ignorent encore celle de la BRVM.

C’est dans ce sens que dans sa politique d’information et de sensibilisation des masses populaires, la BRVM a déjà envisagé l’introduction des langues du terroir, a indiqué le Directeur de l’Antenne Nationale de la Bourse du Mali, M. Amadou Djéri Bocoum. Et selon le Chargé de Développement du Marché de la BRVM, M. Khassim Diop, cette politique est déjà initiée en langue wolof, au Sénégal.

Signalons que 38 sociétés de la zone UEMOA sont cotées à la BRVM. Et que cette dernière détient 19% de parts dans la privatisation de la SOTELMA (prévue d’ici le 31 Décembre), dont 51% seraient réservées à un actionnaire stratégique.

Historique, objectif et concepts de base

De 1991 à 1992, ce fut le début des réflexions de la mise en place d’un marché commun. En Décembre 1993, un Projet de création du marché commun est adopté par le Conseil des ministres de l’UEMOA.

En Juillet 1996, ledit Conseil des ministres l’Union adopte la convention portant création du Conseil Régional de l’Epargne Publique et du Marché Financier (CREPMF). Le18 Décembre1996, la BRVM et le DC-BR (Dépositaire Central-Banque de Règlement) sont juridiquement constitués. Le 16 Septembre 1998, c’est le démarrage des activités de la BRVM et du DC-BR.

L’objectif majeur visé par le Marché financier régional, c’est de “trouver des solutions aux problèmes de financement des économies des pays de l’UEMOA”. En effet, le Marché Financier régional doit constituer un puissant vecteur de développement économique, par sa contribution au financement de l’investissement public et privé.

L’économie d’un pays enregistre un nombre important de transferts de fonds entre épargnants et utilisateurs de ces fonds. Pour ce faire, des lieux physiques se sont formés pour permettre ces échanges : il s’agit des marchés de capitaux qui sont chargés de la mobilisation et du transfert des ressources entre les agents économiques.

Oumar DIAWARA

30 Octobre 2008