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Le marché du projet relatif au réseau national de sécurité du Mali d’un montant de 26 milliards de FCFA a été parmi les dossiers de la discorde cités lors du réaménagement gouvernemental de juin dernier. Celui-ci avait entrainé le départ de Tiéna Coulibaly du ministère de l’Economie, des finances et du budget avant de se retrouver à l’Industrie et au commerce. Si Tiéna Coulibaly s’est révélé comme un bon gestionnaire opposé à des dossiers superflu, il ressort d’une lettre confidentielle datée du 2 septembre 2012, que sur instruction du premier ministre d’alors, Cheick Modibo Diarra, il avait donné son accord pour le marché du réseau national de sécurité. Il s’est rebiffé avec l’arrivée de Diango Cissoko à la primature. Pour quelles raisons ?

Le dossier du réseau national de sécurité était depuis longtemps à l’étude au ministère de l’Economie, des finances et du budget. Le patron de l’hôtel des finances à l’époque Tiéna Coulibaly avait sollicité l’avis du FMI sur ce dossier et par la suite s’est opposé à la signature du contrat avec Exim Bank China qui devrait le financer. Il a notifié ce refus dans une lettre n°01679/MEFB-SG du 24 mai 2012 adressée à Exim Bank.

Cinq mois plus tard, sur instructions du premier ministre de pleins pouvoirs, Cheick Modibo Diarra, il révisa sa position à travers la correspondance n°434/MEFB-SG du 2 septembre 2012, adressée à Monsieur Zhu Ying, Directeur régional division Afrique de Export-Import Bank of China, 77 Beheyan Shett, Dongcheng District Beijing, République Populaire de Chine. La lettre dont l’objet était : projet de réseau de sécurité nationale du Mali, référencée à la lettre n°01679/MEFB-SG du 24 mai 2012, était ainsi libellée : « Monsieur le Directeur, sur instructions de Monsieur le Premier ministre de la République du Mali, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir considérer que ma lettre de référence ci-dessus est caduque. Par conséquent, je vous saurais gré d’instruire la requête relative au projet de sécurité nationale par l’entreprise ZTE.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’assurance de ma très haute considération « . Avec cette lettre on comprend aisément que le rigoureux ministre de l’Economie, des finances et du budget avait changé d’avis pour de raisons que lui seul connait. Cependant sa proximité politique avec Cheick Modibo Diarra (le premier était le dernier ministre des Finances du général Moussa Traoré et le second étant son gendre) ne serait pas étrange à ce retournement de veste.

Quelque mois après cette correspondance, plus précisément le 10 décembre 2012, Cheick Modibo Diarra a été contraint à la démission. Il n’en fallait pas plus pour que son ministre des Finances reconduit à son poste dans l’équipe mise en place par Diango Cissoko, remette le pied sur le dossier du réseau national de sécurité au motif que toutes ses caractéristiques de sécurité sont incluses dans un projet de fibre optique chinoise déjà en cours d’exécution. Une position dans laquelle il sera défendu par le FMI dans sa notre confidentielle sur le réaménagement gouvernemental. Les institutions de Breton Wood ont bien apprécié la gestion prudente des ressources publiques par le gouvernement de transition.

Ce qui a d’ailleurs facilité le retour des partenaires techniques et financiers et permis le redémarrage de l’activité économique. Mais seulement, on se demande pourquoi Tiéna Coulibaly n’est pas resté sur sa position de départ ?

Youssouf CAMARA

15 Juillet 2013