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“Pas de télé, de radio, d’hôpital, de médicament, de banques, de service, de boutiques, de nourriture, Edm pillé, gasoil volé, plus de moyen de déplacement, des femmes violées, route Bamako-Bourem et Niamey fermée, Gao va sous peu exploser si vous ne faite rien. ‘’ C’est le cri de cœur d’un enseignant à Gao qui a amené le Collectif cri de cœur pour le nord à Bamako à effectuer une marche de soutien aux populations nord du Mali.

Conscient de la gravité de la situation au nord, le Collectif a organisé une marche pacifique le 03 avril 2012 pour la libération du nord du pays. Elle est partie de la Bourse du travail en passant par l’Ensup, le Mémorial Modibo Keïta, la place de l’indépendance pour prendre fin à l’Untm soit environ 5 km selon les initiateurs. Plus de cent personnes ont pris part à cette marche et scandaient des slogans comme :’’Trop c’est trop, le Mali est un et indivisible, A bas l’Azawad, A bas le Mnla, les militaires au front, aidez- nous a libérer les territoires du nord, n’oublions pas les otages au nord, nos parents ont faim’’. Sur les banderoles, on pouvait lire « si nous n’agissons pas vite, le nord va exploser », « Cri de cœur pour le nord-Mali ».

La plupart des marcheurs étaient habillés en tee- shirt rouge pour expliquer le drame survenu au nord. Ils étaient entourés d’un important dispositif de sécurité composé des policiers des gardes et des gendarmes. Almahady Cissé, président du Collectif cri de cœur pour le nord a dans sa déclaration liminaire indiqué que la situation sécuritaire au nord du Mali prend les dimensions d’un drame sans précédent. Selon lui, cette situation a créé des violations systématiques des droits humains et fondamentaux des populations telles que l’agression physique des populations civiles, viols collectifs des femmes sur la place publique.

Les populations du nord, a-t-il dit, subissent un double traumatisme psychologique et moral, réduites aux pires privations (eau, médicament, électricité, aliment de subsistance). « Les populations sont au bord du gouffre et chaque heure qui passe asphyxie davantage », a déclaré l’initiateur du cri de cœur pour le nord. Pour résoudre la crise, le collectif préconise au peuple malien d’agir pour le nord et pour le Mali, un plan d’action humanitaire pour sauver de la détresse des centaines de milliers des personnes prises en otages par une guerre dont la responsabilité morale, juridique et politique est connue de la communauté internationale.

Il a également suggéré la mise en place rapide d’un corridor humanitaire pour acheminer l’assistance alimentaire et médicale des trois régions du nord du Mali déstabilisées par cette agression internationale. Pour faire face à cette crise, le Collectif cri de cœur pour le nord invite les Maliens à se mobiliser pour refuser la sanctuarisation de l’espace sahélo saharien contre le terrorisme et la création de zone de guerre énergétique pour le contrôle des ressources naturelles du Mali par des puissances internationales qui se cachent derrière la rébellion.

Hadama B. Fofana /Aguibou Sogodogo

04 Avril 2012