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Depuis un moment, le marché du ciment est sous tension avec des prix du ciment qui ont pris l’ascenseur. Les chantiers de bâtiments de la capitale et ses environs sont au point mort. Avant que la cimenterie promise aux Maliens par le président de la République voie probablement le jour, les citoyens continueront à tirer le diable par la queue.

Notre pays est un grand consommateur de ciment avec de très nombreux chantiers de construction qui sont identifiables à travers les différents communes et quartiers, notamment à Bamako. Selon des statistiques fournies par les services de l’Etat, la consommation nationale de ciment se chiffre à des milliers de tonnes par an. Le produit provient de nos pays voisins, en l’occurrence, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et récemment le Ghana.

Autrefois, avec la Cimenterie de Diamou et le ciment importé de ces pays, le prix du produit était abordable sur le marché local et les citoyens n’hésitaient pas à se lancer dans de vastes chantiers de construction. Aujourd’hui, c’est la désolation en ce sens que presque toutes les constructions sont arrêtées, le prix du ciment étant de plus en plus inaccessible.

Et la « conjoncture internationale » sert encore de faux-fuyant. En effet, la raison avancée par certains est que le prix du pétrole a augmenté et par conséquent le ciment aussi car il est exclusivement importé.

En plus, l’on apprend que les pays à partir desquels le Mali importe du ciment connaissent d’énormes difficultés à satisfaire leurs besoins locaux, a plus forte raison ceux étrangers.

Le Sénégal serait également devenu une source d’approvisionnement potentielle pour l’Afrique du Sud, abritant de grands chantiers en vue du Mondial-2010.

Le hic est que ce renchérissement des prix n’est en aucun cas justifié. Selon des compatriotes installés en Côte d’Ivoire, « le sac du ciment se vend à 4500 F CFA et les commerçants qui viennent s’approvisionner l’ont en deçà de ce prix. Pourquoi renchérir jusqu’à 150 000 F CFA ? » se demande M. D., qui est incapable de comprendre la flambée.

Promesse en l’air ?

De même, au Sénégal, le sac, à en croire des témoignages, n’atteindrait pas les 5000 F CFA. « Par conséquent, certaines personnes croient simplement que cette volonté de spéculation des commerçants découle d’une complicité avec des dirigeants ». Surtout, pensent-ils qu’au Mali, quand un « produit devient cher, il ne redevient jamais moins cher ».

Pourquoi ne pas ouvrir notre propre cimenterie étant donné que toutes les matières concourant à la fabrication de ce produit sont disponibles chez nous contrairement à certains pays producteurs ? Le président de la République, lors d’un voyage à Tripoli en août 2007, avait réaffirmé que le Mali aura sa cimenterie.

Pour dire aux Maliens que ce n’était pas un vain projet, ATT avait même ajouté que la Libye allait s’investir dans la mise en place d’une usine de ciment au Mali « un ciment made in Mali à des prix abordables ». Quand verra-t-elle enfin le jour ? s’interrogent les Maliens, pressés maintenant par le besoin.

En tout cas, à la différence des autres pays de la sous-région qui importent la matière première pour la fabrication du ciment (le klinker) d’Espagne, le Mali dispose d’énormes réserves en la matière.

Il a la particularité d’avoir sur son territoire toutes les roches nécessaires à la fabrication du ciment, en plus de l’expérience de la Cimenterie de Diamou.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

06 Juin 2008