Partager

La mairie de la Commune III a démoli mercredi dernier dans la soirée des kiosques appartenant à des vendeurs de pièces détachées au Dibida. Une décision de justice interdisait l’opération de démolition.

Le mercredi dans la soirée, aux environs de 20h, un bulldozer appuyé par des éléments des forces de l’ordre a rasé une vingtaine de kiosques de ventes de pièces détachées de véhicules, de téléphones, de moteurs électriques dans les alentours du Centre Djoliba au marché Dibida. L’acte a été autorisé par la mairie de la Commune III du district de Bamako.

Selon le président, le vice-président et le secrétaire général de l’Association des Commerçants détaillants de la Rue Point Carré et de la Rue Mage du marché Dibida, ils n’ont pas été autorisés à récupérer leurs marchandises « On nous a appelés au téléphone. Arriver sur les lieux, nous avons vu un bull casser nos kiosques, nos marchandises chargées dans des véhicules qui ont pris des destinations que nous ignorons », ont-ils affirmé. A leurs dires, les pertes pour les seules marchandises sont estimées à plusieurs millions de FCFA.

L’Association des commerçants détaillants du Dibida est une association légalement constituée qui a son récépissé délivré par le gouverneur. Ils occupent depuis 1992 des kiosques au marché Dibida pour exercer leurs activités commerciales et professionnelles. S’acquittant des droits d’installation et des taxes d’exploitation conformément aux clauses insérées dans les autorisations d’installation.

En septembre dernier, la mairie de la Commune III a adressé une correspondance aux occupants des kiosques (Association des commerçants détaillants du Dibida) leur demandant de libérer les lieux avant le 18 octobre 2007. N’entendant pas les choses de cette oreille et convaincue que force doit rester à la loi, l’Association après moult tractations, assigne en justice la marie de la Commune III.

Dans sa requête en date du 9 octobre 2007, l’association par ses conseils a sollicité un délai de grâce de 6 mois dans l’exécution de la lettre de congé à elle donnée par la mairie.


Casses contre décision de justice

Le Tribunal de la Commune III dans son audience du 15 octobre 2007 a ordonné à la mairie de la Commune III de cesser de troubler les Commerçants détaillants du marché Dibida dans l’exercice de leurs activités commerciales et professionnelles, jusqu’à décision définitive d’expulsion du Tribunal de Commerce.

En outre il a prorogé de six mois de délai la lettre de congé de la mairie, et ceci à partir de la date de la présente décision. Le jugement ayant été rendu, l’Association est rentrée en possession de la grosse.

La mairie en violation de toutes dispositions, foulant au pied la décision de la justice de la Commune III a mis en exécution sa décision de déguerpissement. Selon les victimes, la casse est intervenue au moment où ils étaient en pourparlers.

Ils ne comprennent pas pourquoi la mairie intervient nuitamment pour endommager leurs biens. « Ils nous chassent des lieux pour les mettre à la disposition d’un certain Bourama Touré, un ancien transitaire qui fait fortune dans ses genres d’affaires », expliquent certains.

A leurs dires, le nommé Bourama aurait perçu un million de FCFA des futurs locataires des lieux. « S’il y a des gens qui doivent bénéficier ces lieux, nous devons être prioritaires », renchérissent d’autres. Les contestataires n’entendent pas baisser les bras, ils affirment être derrière la justice.

Amadou Sidibé

23 novembre 2007.