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Samedi 7 janvier 2006. Il est 10 heures 30. C’est le marché hebdomadaire. Une entrée bien achalandée : des pommes de terre, des tomates, des betteraves, de l’oignon, des haricots verts.

La route est quasi occupée par les marchands. Les charretiers sont les rois. Tout automobiliste qui tente de les mettre dans le bon chemin essuie une rafale de mots…souvent déplacés.

A notre arrivée, même les gendarmes ont du mal à mettre de l’ordre dans cette ambiance un peu «fofolle». « Nous sommes habitués à voir cela chaque samedi et nous ne pouvons que donner des conseils. Sinon, on se fait tabasser« , nous lance un responsable de Kati.

A pas de course, nous regagnons le marché des petits ruminants. Les animaux sont bien en chair. L’espace réservé aux commerçants n’est pas structuré. On y trouve des piquets un peu partout.

Une heure et demie plus tard, le ministre Oumar Ibrahim Touré et sa suite se retrouvent près du cimetière de Djélibougou. Ici, on peut s’offrir des moutons de première, deuxième et troisième classes. Les prix, quant à eux, varient entre 20 000 et 100 000 F CFA.

« Ils sont bien ordonnés de ce côté« , affirme un agent de la Direction nationale de la production et des industries animales.

Chose que confirme le représentant des marchands de petits ruminants. Cependant, a-t-il ajouté, « nous voulons un endroit plus stable car nous squattons ici depuis plusieurs années. En commune I, il n’existe aucun parc à bétail« .

13 heures. Nous sommes sur l’un des plus vieux marchés de la capitale. A l’origine, il avait été conçu pour les lépreux. D’ailleurs, le président des vendeurs de moutons en est un.

Il affirme que « cela fait cinq fois nous avons été délogés de cet endroit ». D’où la revendication légitime « d’acquérir un espace plus adapté pour que les acteurs de la filière puissent vaquer, dans les règles à leur activité« .

Sabalibougou en Commune V. Un marché bien fourni et des animaux bien en chair. Mais les éleveurs vendent, la peur au ventre.

« Nous sommes ici sur le marché à bétail de Sabalibougou. Mais, voyez-vous, nous nous trouvons sur le territoire de Torokorobougou. Cela fait 28 ans que ce marché existe et a été déguerpi à quatre reprises. D’ailleurs, un hôtel est en train d’être construit. Nous savons que, dès sa finition, nous serons obligés de céder la place. Tous les petits marchés de la commune V ne sont pas stables. Nous demandons votre aide pour avoir un marché digne de ce nom« , confie Hamadi Kébé, président des marchands de bétail de la localité.

Des insuffisances et des doléances qui ne sont pas passées inaperçues. Partout où il est passé, le premier responsable du département de l’Elevage et de la Pêche, Oumar Ibrahim Touré, a tenu à rassurer les uns et les autres : « Les problèmes que vous avez soulignés sont connus et je voulais justement vous rencontrer pour que nous en parlions afin qu’une solution définitive soit trouvée. C’est aussi pourquoi je suis là avec mes services techniques« .

Oumar Ibrahim Touré de réitérer son appel pour que « les marchands de moutons permettent à tous les Maliens de s’offrir les animaux à leur bourse afin que la fête soit belle ».

Paul Mben

09 janvier 2006.