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C’est le 6 octobre prochain que les élèves du fondamental prendront le chemin de l’école, une ouverture des classes qui, cette année, tombe dans un contexte assez difficile à la fois pour les parents, les enfants et les commerçants. La coïncidence de la fête de Ramadan et de la rentrée scolaire n’est pas sans conséquence sur les bourses des chefs de famille. C’est une évidence, l’école redémarre au moment où les portefeuilles des parents sont sous pression avec les dépenses quotidiennes du mois de carême.

Nous avons fait le tour de certains marchés et papeteries de la capitale à une semaine de la rentrée des classes.

Le Grand marché de Bamako ou la rue de la maison des anciens combattants permet de vérifier qu’on ne se bouscule pas trop devant les magasins de fournitures scolaires. Même le Dibida, connu pour être le marché des fournitures scolaires par excellence, n’affichait pas une grande affluence à une semaine de la rentrée.

La clientèle ne manifeste guère d’enthousiasme, une attitude qui suscite pas mal d’inquiétude du côté des commerçants.

Les commerçants estiment que le manque de ressort du marché est dû aux dépenses familiales du mois de jeûne. « C’est le carême qui explique cette situation. Sinon l’année dernière, il y avait plus de vente à la veille de l’ouverture. L’année dernière au même moment, nos devantures étaient envahies de monde », c’est le constat de Yaya Konaté installé au marché Dibida.

La morosité, s’il faut lui donner ce nom, tient plus à une conjoncture générale qu’aux prix pratiqués par les commerçants. Le paquet de “100 pages” contenant 10 cahiers est, en effet, cédé à 1500 Fcfa. Celui de “200 pages” (5 cahiers) est vendu au même prix. Le paquet de “50 pages” (20 cahiers) coûte 1750 fcfa. Dans certains magasins, de la première année à la sixième année, le livre de lecture est cédé entre 2500fcfa et 3000fcfa, le prix d’un sac d’écolier varie entre 1000 fcfa à 7500 fcfa.

Les livres d’histoire, géographie, math, physique-chimie, Biologie et anglais sont cédés respectivement entre 2000 fcfa et 3000 fcfa au minimum entre 5000 fcfa à 7500 fcfa maximum.

Les commerçants commencent à perdre tout espoir. C‘est le cas d’Oumar Traoré qui a un kiosque bourré de cahiers et autres fournitures scolaires. M. Traoré attend impatiemment les clients.

« Depuis que j’ai commencé ce travail, je n’ai jamais vu une telle morosité. Il n’y a pas assez de vente, je reçois les clients au compte-gouttes, cela n’est pas bon pour nos affaires. Même les cahiers qui se vendaient facilement à la veille de la rentrée ont du mal à être écoulés, mes clients de l’intérieur qui venaient ramasser les fournitures n’ont pas encore pointé le nez», a-t-il expliqué.

Pour certains clients, la morosité du marché s’explique plutôt par la cherté de vie et non par la coïncidence de la rentrée des classes avec le mois de Ramadan. Un client croisé dans le kiosque de Traoré confirme la difficulté du moment. «Cette année j’ai eu des difficultés pour mes dépenses. Il est impossible pour moi d’acheter toutes les fournitures des enfants, il s’agit de chercher ceux qui sont indispensables, les sacs, les cahiers et les stylos », a expliqué Amadou Diawara couturier à Djicoroni para.

Du côté des promoteurs de certaines écoles privées, l’inquiétude est de taille. Nous avons rencontré monsieur Diarra, enseignant à l’école privée Espoir « Nous, les éducateurs nous sommes inquiets de voir les enfants venir à l’école sans les fournitures, Avec le mois de Ramadan et la rentrée scolaire il n’est pas évident pour les parents de joindre les deux bouts », a-t-il souligné.

Les parents tentent tant bien que mal d’avoir l’essentiel des fournitures scolaires comme les cahiers, les sacs et les livres dont les prix sont inabordables par ces temps d’inflation galopante n’épargnant pratiquement aucun produit de première nécessité dans le pays.


Nouhoum Dicko

29 Septembre 2008