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Les forces vives de la ville de Gao ont marché le samedi 17 mars 2012, en bloquant les accès aux différents ronds-points de la cité. Les manifestants ont pris la Place de l’indépendance et, de façon disciplinée se sont dirigés vers le Gouvernorat de la région. Le locataire des lieux, qui avait été auparavant informé de la marche, a refusé de recevoir les visiteurs. La colère de certains a éclaté et d’autres, plus raisonnables, ont réussi à calmer les révoltés.

De même, calmement, une déclaration a été lue et distribuée à tours de bras (voir ci-dessous, l’intégralité de celle-ci). Nous en retenons un point très important, celui relatif aux élections. Pour les marcheurs de Gao, « pas d’élections sans paix ». Les forces vives de Gao, rejoignent ainsi les cadres de Kidal, le Secrétaire général de la CODEM, Alassane Abba et son homologue de la SADI, Dr Oumar Mariko.

Tous les deux sont à la fois Secrétaires généraux de parti et députés. Ils se sont également mis, la semaine dernière, dans une réelle posture d’hommes d’Etat, en clamant haut et fort ce que nombre d’observateurs murmurent tout bas. Il s’agit du report quasiment inévitable des élections. ATT ne peut pas décréter ce report, mais il revient à la classe politique, dans sa grande sagesse et en toute responsabilité, de voir la réalité d’en face et de réclamer un report des scrutins.

Si ATT le faisait de lui-même, par patriotisme, il serait accusé de tous les pêchés d’Israël et pointé du doigt comme ayant tout planifié pour un prétendu maintien au pouvoir. La situation est grave et nombreux sont les Maliens qui ne réalisent pas la gravité de l’heure, pour des intérêts politiques et même sordides. Des Maliens qui ne réalisent pas que ce sont des détachements entiers de l’armée libyenne qui se battent contre l’armée malienne, sans compter l’accompagnement d’Al-Qaïda et D’Anssar Dine d’Iyad Ag Ghaly.

Certains Maliens ne réalisent pas que la fin de cette guerre n’est pas pour demain. Il urge donc d’éviter de faire la politique de l’autruche et de presser le pouvoir pour qu’il reporte les élections. Tout d’abord, celui-ci s’est déjà montré incapable d’assurer la sécurité des conseillers communaux dans les chefs-lieux de cercle des trois régions du Nord et même à Teninkou et à Youwarou, dans la région de Mopti, concernant l’élection des membres du Haut conseil des collectivités, annoncée pour ce 25 mars. Le ministre Kafougouna Koné, en violation de la loi électorale, propose que tous les grands électeurs se retrouvent dans les chefs-lieux de région pour voter.

Quel scandale dans un Etat de droit! Si la sécurité n’y est pas, mieux vaut reporter cette élection.
Est-ce à dire que pour la présidentielle et le référendum couplé à celle-ci, les électeurs des villages et arrondissements se rendront eux aussi dans les chefs-lieux de cercle ou de région pour voter? C’est serait un précédent fâcheux, que les partis politiques ne doivent pas accepter. Enfin, il ne servirait à rien d’organiser des élections propres au Sud et des élections bâclées au Nord. Que non! Vivement donc le report des élections. A suivre

Chahana Takiou

19 Mars 2012

Déclaration de Gao

Populations de Gao, il est temps pour nous de sortir du silence. Pour cela, nous, forces vives, membres de la société civile, faisons cette déclaration:

1) Nous dénonçons le mutisme de l’Etat sur la réalité de la crise au nord – Mali.

2) Nous disons à Sarkozy, ATT et autres potentats locaux, que notre terre ancestrale, léguée par les Sonni et les Askias, n’est pas à vendre.

3) Nous disons non et non à l’injustice dans la gestion des crises au Nord depuis 20 ans.

4) Aux politicards sans scrupule, nous disons haut et fort: «Pas d’élections sans paix».

5) Nous affirmons notre adhésion à l’unité du Mali, en disant non à une autonomie quelconque de l’Azawad.

6) Frères militaires! Pas un pas de plus en arrière, rejoignez Gandaïso!

7) PC opérationnel, ne transportez pas votre guerre dans nos villes.

8) Un coin du Mali attaqué, le Mali tout entier est attaqué. Alors remettez-nous les moyens nécessaires pour défendre notre patrie.

9) Après Ménaka, Aguel-hoc et Tessalit, Gao n’attendra pas pour organiser sa défense!