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Les femmes et les enfants des bérets rouges du Mali ont marché du Camp des commandos parachutistes de Djicoroni à la Primature le 16 juillet 2012. Pour réclamer justice après l’arrestation et la disparition de leurs pères et maris.

Pour les familles des commandos parachutistes du camp de Djicoroni et de celui de la garde présidentielle de Koulouba, qui ont marché lundi dernier, le Premier ministre n’entreprend rien pour réunifier les différents corps de l’armée. Elles l’accusent au contraire de les séparer. C’est la raison pour laquelle elles ont organisé cette marche dans le but de faire la paix entre les deux parties.

Elles dénoncent les arrestations opérées contre leurs maris, la dissolution du corps des commandos parachutistes et la disparition sans motif des 21 éléments du 33e Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni. Pour elles, la première des missions du Premier ministre Cheick Modibo Diarra devait être de rassembler et non de diviser l’armée.

Tout ce que les familles savent, c’est que les leurs sont présumés être en intelligence avec le lieutenant-colonel Abidine Guindo, alors commandant du 33e Régiment des commandos parachutistes du Mali et surtout ancien aide de camp d’ATT. Celui-ci aurait échoué dans son contre-putsch, avant de prendre la poudre d’escampette et récemment rentré.

Un officier général (le général Hamidou Sissoko alias Man, ex-chef d’état-major particulier d’ATT), trois officiers supérieurs, dont le colonel Abdoulaye Cissé, commandant de la région militaire de Sikasso, ex-aide de camp du président Alpha Oumar Konaré et le commandant Malamine Konaré, pilote et fils aîné de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine sont également accusés par la junte.

Pour les femmes et enfants de bérets rouges, ils méritent après tout le droit de rendre visite à leurs époux et à leurs pères. Sur les pancartes on pouvait lire : « Libérer nos maris injustement séquestrés », « On ne veut pas la dissolution du 33e Régiment », « Pourquoi nos enfants n’ont plus leurs droits ? ». C’est un enfant de 10 ans, en pleurs, qui tenait la pancarte sur laquelle on pouvait lire : « J’ai perdu ma mère pendant les affrontements et mon père vous l’avez enlevé, où se trouve-t-il ? ».

Un jeune passant a été jeté par terre par un manifestant pour avoir tenté de saboter la marche. De toutes les manières leur message envers les autorités maliennes et principalement les leaders religieux était clair, la libération immédiate des bérets rouges disparus avant le début de ce mois de ramadan. Faute de quoi, elles menacent si rien n’est fait, d’organiser des marches à Bamako, toutes nues, pendant le mois de jeûne musulman.

Sory I. Konaté

(stagiaire)

19 Juillet 2012