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L’on se rappelle que le coup d’Etat de mars dernier, qui avait chassé le général ATT du pouvoir, a fait grincer des dents à une partie de la classe politique et de la société civile. C’est ainsi que mécontents, parce qu’ils s’étaient vus dépouillés de leurs privilèges, ils se sont regroupés dans un front appelé «Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République» pour faire payer à ceux- là qui sont auteurs du putsch, ce qu’ils ont cru être leur «insolence».
Aujourd’hui, comme le ridicule ne tue pas, voilà les «fanfarons» de la République qui veulent refaire surface en organisant une soi disant marche de soutien à une armée qu’ils ont eux-mêmes d’abord vilipendé. Est- ce à dire que le front a fait son mea- culpa et qu’il a compris la justesse de ce coup d’Etat et avaler enfin la quinine ?

En tout état de cause, certains diront qu’il n’est jamais trop tard de reconnaître ses erreurs, mais nous pensons qu’on n’avait pas besoin de huit mois pour se rendre compte de l’évidence.

Même si le coup d’Etat dans son principe est condamnable, les partisans du refus devraient se rendre compte qu’un mal vaut mieux que le pire. Même le dernier des Maliens savait que le bateau Mali avait cessé de tanguer, mais qu’il coulait.

Cependant, au lieu de faire un recul pour réfléchir et analyser les motivations de ce coup de force inattendu, ils ont préféré jouer à la fanfaronnade. Que d’offensives médiatiques et diplomatiques, que de complot et de coup bas, seulement dans le but de faire payer au capitaine Sanogo et son équipe leur «péché d’Israël».

C’est à cause de leur intransigeance et leur calcul égoïste que nous en sommes là. Sinon dès le lendemain du coup d’Etat, le capitaine et ses hommes avaient lancé un appel à tous les filles et fils du pays pour la reconstruction nationale, mais ils ont préféré refuser cette main tendue du capitaine Sanogo pour aller caresser les pieds du capitaine sanguinaire Blaise Compaoré à Ouagadougou. Que honte ! Quelle humiliation !

En agissant ainsi, ils ont contribué à créer un climat d’instabilité à Bamako. Ce qui favorisa naturellement l’avancée des troupes ennemies au Nord. En choisissant de s’occuper à récupérer Koulouba, au lieu de répondre à l’appel du peuple pour faire l’union sacrée et faire face à la menace qui pesait sur le Nord, ils ont favorisé ainsi la chute des régions du Nord.

Maintenant, le mal est fait avec l’occupation des deux tiers (2/3) du territoire avec son corolaire d’exactions de toutes sortes, viols, amputations, destructions des mausolées, humiliation publique, que dire d’autres.
Pensent- ils qu’une simple marche suffirait pour cicatriser cette plaie. Leur attitude machiavélique a fait trop souffrir notre peuple. Ils doivent, en plus de leur mea- culpa, présenter une excuse publique à la Nation malienne. Ils doivent savoir que cette prise de conscience n’est que le début d’un procès, celui de l’Histoire.

Chacun d’entre nous aura à passer devant ce grand tribunal de l’Histoire et à répondre de nos actes, de tous nos actes.


Daouda DOUMBIA

15 Octobre 2012


Marche FDR – COREN : des mercenaires- marcheurs payés à 1000 F CFA

Depuis le coup d’Etat du 22 mars, tous les partis politiques et les organisations de la société civile ont marché plusieurs fois. Ils ont fait des manifestations et des sit- in. Ils ont même occupé des places publiques de la ville.

Jusqu’ici le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) n’avait pu faire une marche. Et ce n’est que le jeudi 11 octobre qu’il a organisé une marche avec la bénédiction du Premier ministre, restaurateur, Cheick Modibo Diarra.

Pour faire cette marche, le FDR a tenu des réunions au siège de l’ADEMA à Bamako- Coura. Au cours de ces réunions, le ton était dur envers les autres que Me Kassoum Tapo disait les «voyous de la République». La plus dure était Fatoumata Siré Diakité qui était chaude pour en découdre avec les adversaires et leur faire avaler la poussière. Elle était tellement dure et pressée qu’elle a traité ses camarades d’être mous.
La marche a été programmée, mais ils ont vite commencé à avoir peur. Est- ce le monde va sortir ? Est- ce qu’on ne va pas nous frapper sous les yeux des forces de l’ordre ? Comment le Premier ministre de plein pouvoir va faire ?

Une délégation conduite par Iba N’Diaye a été reçue par le Premier ministre. Hier, ils ne voulaient que son départ et le traitaient de tout avec son gouvernement. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Donc, ils sont allés voir Cheick Modibo Diarra pour se placer sous sa protection le mardi, 9 octobre, avant la marche (jeudi 11 octobre). Et ils ont dit à la télé que leur marche était pour soutenir notre armée. «On est derrière elle aujourd’hui et demain». Ils ont dit aussi que c’était une marche citoyenne.

En faisant cela, reconnaître enfin le Premier ministre et quémander sa protection, ils se sont rassurés, côté peur.
Il restait maintenant à s’assurer de la sortie de la foule. Etant donné que la vie est trop dure en ce moment au Mali, il fallait motiver les marcheurs. Sachant que les Maliens aiment trop les tee-shirts, que les femmes sont folles de pagnes et que beaucoup ont un besoin d’argent, le jeu était facile.

Un budget conséquent a été débloqué et une organisation bien ficelée a été mise en place pour mobiliser les militants à coup de tee-shirt, de pagnes et à recruter des badauds avec de l’argent. Le barème de base était de 1.000 F CFA pour les «mercenaires de la marche». Une organisation de base a été mise en place dans chaque quartier. Des éléments qui connaissent bien les «carrés» ont été chargés du repérage des proies faciles, c’est-à-dire les chômeurs.

Le problème, qui va suivre cette marche, risque de dégénérer. Certains petits chefs, à qui l’on avait donné de l’argent pour recruter les marcheurs, ont bouffé l’argent des mercenaires.
Certains marcheurs ont découvert après la marche, que leurs voisins de quartier avaient touché l’argent depuis la veille.
Ça risque de chauffer.

HBO

L’Inter de Bamako du 15 Octobre 2012