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Prévue initialement le samedi 17 mars dernier, c’est finalement le samedi 31 mars dernier que s’est déroulée la marche de protestation contre l’ORTM. Organisée par le mouvement de la jeunesse du Front pour la démocratie et la république (FDR), la marche est partie de la Place de la Liberté en passant par la Bourse de travail, la Primature pour être finalement bloquée au niveau du département de la Communication et des Nouvelles Technologies.

La marche était dirigée par l’ancien ministre de la Jeunesse des sports dont le monde sportif ne gardera pas un bon souvenir, Moussa Balla Diakité et surtout le belliqueux Moussa Tembiné, président de la jeunesse RPM.

A 27 jours des élections présidentielles prochaines, la fièvre électorale commence à monter et à gagner les états-majors de chaque camp. Si du côté du camp présidentiel, l’heure est à la sérenité à la confiance, à la stabilité, du côté adverse, c’est l’incertitude, la panique.

Cela se comprend aisement quand on refuse les principes des jeux démocratiques, quand on refuse de voir en face les réalités du moment, c’est normal qu’on cherche des boucs émissaires pour se dédouaner d’une humiliation sans précédent.

Durant tout le trajet, les marcheurs qui sont estimés à 200 voire 300 personnes scandaient des slogans hostiles et demandant leur démission. Il s’agit du Directeur Général de l’ORTM, Sidiki N’Fa Konaté, du Directeur de la télévision nationale, Manga Dembélé et celle du Gouverneur du District de Bamako, Ibrahima Féfé Koné. Ils vont plus loin même en demandant au chef de l’Etat chef suprême des armées, de prendre les disponitions pour écarter de l’armée certains officiers, qui constituent, selon eux, un danger permanent pour la démocratie malienne. Les personnes citées nommément sont Hamidou Sissoko “MAN” et le Directeur du service social des armées.

Au cours de la marche, le porte-parole des marcheurs. Moussa Balla Diakité a dénoncé ce qu’il appelle les dérives de la démocratie notamment l’audit du fichier électoral, la politisation de l’armée, les démissions du ministre de la communication, Gaoussou Drabo, des responsables de l’ORTM la démission du gouverneur du district avant de conclure que la situation doit changer, qu’elle peut changer et elle va changer.

Comme on le voit, toutes les déclarations sont du déjà entendues. Lors du point de presse organisé par le bureau national de l’Union des Jeunes du RPM, le mercredi 14 mars dernier, le belliqueux Moussa Tembiné, président de la jeunesse avait promis de mettre de pays à feu et à sang si dans 72 heures les responsables de l’ORTM et le gouverneur du district de Bamako n’avaient pas démissionné. “Pour ceux qui pensent que c’est du bluff, ils apprendront à leurs dépens le jour J” avait-il prévenu.

Dans une déclaration lue et remise au ministre de la communication, Gaoussou Drabo, par le porte-parole, Moussa Balla Diakité, il a été demandé aux autorités compétentes de prendre les mesures appropriées pour que les élections se déroulent dans une atmosphère de paix et de stabilité.

Pour cela, selon toujours, les organisateurs de la marche, il faut une équité de traitement de tous les candidats à la radio et la télévision malienne, mettre fin à l’engagement partisan des hauts cadres de l’administration territoriale centrale et préfectorale ; mettre fin à l’utilisation des moyens de l’Etat à des fins de campagne en faveur du président sortant et candidat ATT, mettre fin aux activités partisanes menées par les officiers supérieurs de l’armée et de la gendarmérie.

Les organisateurs promettent cela, c’est à dire l’organisation d’une autre marche si toutefois les revendications posées ne sont pas satisfaites dans 48 heures. Et cette fois-ci la marche sera menée jusque dans la cour de l’ORTM.

A noter que 9 personnes ont été reçues par le ministre Gaoussou Drabo dans la salle de conférence dudit ministère où la copie de déclaration lui a été remise. La marche a été parfaitement encadrée par les forces de l’ordre qui ont fait montre de professionnalisme malgré les provocations des marcheurs. La vérité est qu’il y avait plus d’agents que de marcheurs. Comme pour dire que le mot d’ordre n’a pas été entendu.

D’ailleurs Moussa Balla Diakité a reconnu et a rendu un hommage mérité aux forces de l’ordre pour leur sens de responsabilité, de patience et d’écoute. On retiendra qu’au cours de l’audience accordée aux 9 personnes désignées par les marcheurs, Gaoussou Drabo est resté égal à lui-même, calme serein et impertubable. Ce qui a conduit à un climat apaisé et courtois. C’est un Moussa Balla Diakité surpris de l’accueil fraternel qui a demandé à ses militants de rentrer calmement à la maison.

Comme on le voit, cette marche tant annoncée avec autant de tapage, de baga-baga s’est achevée dans la plus grande tranquillité. Certainement la présence massive des forces de l’ordre et de leur savoir faire ont tenu en respect la marche. Aucun incident n’a été déclaré. En tout cas, au cri de ce qui a été annoncé, ce fut un échec patent, car, l’objectif visé qui est l’ORTM n’a pas été atteint.

Sadou BOCOUM

02 avril 2007.