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A bas les OGM! Nous ne voulons que les semences d’antan, nous ne voulons pas de changement! ”: tels ont été entre autres slogans brandis par les protagonistes de cette marche. En effet, l’introduction des OGM dans notre agriculture devient de plus en plus un sujet de débat public grâce à la Coalition pour la protection du patrimoinie génétique malien, auquel tous les citoyens doivent pouvoir contribuer. Par ailleurs, les OGM, résultat d’une manipulation des êtres vivants, ont fait ressortir des enjeux et des défis énormes sur lesquels tout Africain et tout Malien en particulier a le devoir de s’informer et de se former pour contribuer efficacement aux débats, qui de plus en plus, s’organisent à travers les mouvements sociaux. Ces enjeux sont, entre autres, d’ordre scientifique, politique, économique et socio-culturel.

Selon Mme Aminata Dramane Traoré, il y va de l’avenir de l’agriculture et du bien-être des hommes et des femmes du continent. Depuis une décennie, a-t-elle dit, l’Afrique fait l’objet de plusieurs offensives systématiques pour amener ses décideurs à l’engager dans la production et la commercialisation de produits transgéniques. Ainsi, la dernière offensive de la Banque Mondiale veut pousser des pays comme le Burkina Faso, le Bénin, le Mali, le Sénégal et le Togo à adopter des lois favorables à l’introduction, la production et la commercialisation des OGM en Afrique.

Comme si tout cela ne suffisait pas, cette institution financière vient de prendre l’initiative cynique de s’investir dans un projet intitulé “Projet régional sur la biosécurité en Afrique de l’Ouest” pour imposer aux Etats d’Afrique une loi uniformisée favorisant l’introduction, la production et la commercialisation des OGM, comme l’atteste clairement un des objectifs explicités du projet, dira-t-elle.

Alors, il est important de rappeler que le gouvernement du Mali a pris la décision sage de surseoir à l’introduction des OGM il y a deux ans lors d’un conseil de ministre malgré l’avis plutôt favorable du ministre Seydou Traoré. Les lois sur la biosécurité ne sont pas une fin en soi. L’essentiel est de prendre en compte les préoccupations des communautés et de respecter les droits sur les ressources qu’elles ont protégées pendant des générations.

Mariétou KONATÉ

24 juillet 2006