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Les marchés bamakois sont envahis par l’arachide provenant de divers horizons. Beaucoup de personnes (commerçants, importateurs et vendeuses ambulantes) se frottent les mains. Cependant, la grande consommation d’arachide est déconseillée à cause de sa forte teneur en huile et d’un parasite qu’elle contient.

L’arachide, cuite ou non, est présentement très consommée à Bamako. Sa popularité fait que nos marchés sont inondés. Approvisionné à partir de Sikasso, Bougouni, Kita et même de la Côte d’Ivoire, le marché Diafarana, la foire de l’arachide, connaît présentement chaque jour, du matin au soir, une grande affluence.

Des grossistes et des vendeurs détaillants de ce marché s’en frottent les mains. « Je peux, par jour, vendre 50 sacs de 100 kg d’arachide dont le prix varie selon la qualité entre 11 000 et 15 000 F CFA », explique Adama Diakité, un commerçant.

Des importateurs Sénégalais viennent se ravitailler au marché de Diafarana. Madou Traoré est un jeune Ivoirien. Il est venu à Bamako pour la saison d’arachide. « Mes gros clients sont des Sénégalais. Un seul Sénégalais peut acheter 500 sacs pour l’amener au Sénégal. Il y a également des femmes qui s’unissent pour acheter des sacs. Depuis 10 ans, chaque année, je viens en cette période au Mali, pour faire la saison d’arachide. Chaque année, je me fais des millions dans ça ».

Le marché de l’arachide, nous dit-on, est très rapide. Attirées par ce commerce, beaucoup de femmes et des écolières en vacances s’y adonnent. Certaines vendeuses rencontrées dans le marché de Diafarana affirment qu’elles peuvent réaliser dès fois faire un double bénéfice.

Au Mali, l’arachide constitue une source importante de revenu pour les agriculteurs et pour les commerçants, les petites unités de transformation en pâtes, huile et aliment bétail. De nos jours, elle offre des possibilités de diversification culturale dans les zones centre du pays. La région de Kayes constitue la principale zone de production de l’arachide avec plus de 56 000 tonnes par an.

Le revers de la médaille

L’arachide est certes un aliment énergétique. Elle est une excellente source de protéines bien que ces dernières soient moins complètes que les protéines animales. Mais en plus de son apport économique et alimentaire, elle serait à la base de plusieurs maladies.

En termes de gain pour la santé, l’on notera que des études épidémiologiques associent une consommation régulière d’arachide à une diminution du cholestérol sanguin et du risque de maladie cardiovasculaire et démontrent que la consommation fréquente de beurre d’arachide rend plus faible le risque de développement du diabète de type 2 chez la femme.

Mais, une autre étude prospective associe la consommation de deux portions ou plus d’arachides par semaine à un risque de cancer colo-rectal chez la femme.

Selon Dr. Hamed Touré, médecin à la Clinique Pasteur, « l’arachide contient de l’huile gras, qui est très lourd. Cette huile n’est pas la meilleure pour la santé de l’homme. L’homme a besoin de l’huile pour se défendre contre le froid. Le problème est que nous sommes dans une région chaude ».

Dr. Touré continue affirmant que « les femmes enceintes et les enfants ont besoin d’arachide pour le développement du cerveau. C’est un aliment qui évite la malnutrition ». Mais, prévient-il, lors de sa conservation, elle développe un petit parasite qui s’appelle « aflatoxide ».

Notre médecin explique qu’on a longtemps incriminé l’arachide dans le développement du cancer de foie. A ses dires, « l’arachide n’est qu’un facteur du cancer de foie sinon c’est le virus de l’hépatite qui est à la base de cette maladie ».
En tout état de cause, pour Dr. Touré, tous ceux qui consomment l’arachide sont mine de rien exposés aux troubles de la digestion car elle occasionne des désagréments au niveau de l’estomac.

Sidiki Doumbia

11 Aout 2008