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En vue de rendre abordable le prix du Kg de la viande au Mali dans un contexte de crise mondiale, les plus hautes autorités du pays ont pris un arrêté ministériel portant interdiction de l’exportation de l’aliment bétail du Mali.

Cette mesure a rendu très vulnérable les promoteurs d’huileries qui produisent en même temps de l’aliment pour bétail car, les frontières du pays n’ont pas été fermées à l’importation du même produit.


Un marché inondé d’aliment bétail

A l’arrivée, les marchés sont aujourd’hui inondés d’aliment bétail en provenance de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso surtout. L’Association des Producteurs d’Huile Alimentaire du Mali (APHAM), qui se sent victime de cette mesure, a vivement dénoncé l’arrêté ministériel portant interdiction de l’exportation de l’aliment bétail du Mali. Les membres de l’APHAM l’ont fait savoir aux journalistes lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 3 juillet 2008 dans la salle Koumablon du Grand Hôtel de Bamako.

Les principaux animateurs de ladite conférence de presse étaient M. Bassirou Coulibaly, président de l’APHAM, Abdoulaye Coulibaly, Trésorier général de l’Association, Mohamed Lehbib Ebiyaye, secrétaire à l’organisation et à l’information du bureau de l’APHAM, M. Almamy Bocoum, Commissaire aux comptes adjoint et M. Issa Keïta, secrétaire aux relations extérieures de l’APHAM.


Les sujets evoqués

Les questions évoquées au cours de la conférence de presse étaient relatives à la réunion des promoteurs d’huileries avec le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce le 23 juin 2008. Il a été également question de la levée de l’interdiction de l’exportation de l’aliment bétail du Mali.

En effet, le ministre en charge de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, M. Ahmadou Abdoulaye Diallo a été interpellé le 1er juillet dernier à l’Assemblée Nationale par le député Oumar Mariko sur la situation des huileries artisanales du Mali. En fait, les promoteurs de ces huileries non conformes aux normes ont saisi Dr. Oumar Mariko pour qu’il soit leur porte-voix à l’Hémicycle afin d’obtenir la réouverture de leurs huileries.

Mais, le ministre a été très ferme, là-desssus : “les huileries artisanales resteront fermées jusqu’à ce que les promoteurs se dotent de la chaîne complète de raffinage, il y va de la santé des consommateurs”, a-t-il dit. Les membres de l’APHAM ont bien apprécié la position du ministre et ont tenu à le féliciter d’ailleurs.


L’APHAM pour la levée de l’interdiction de l’exportation de l’aliment bétail

Depuis plus de quatre mois, un arrêté ministériel a été pris interdisant l’exportation de l’aliment pour bétail du Mali. En prenant cette mesure, le souci des autorités maliennes étaient d’éviter la hausse vertigineuse du prix du kilo de la viande aux consommateurs.

Ledit arrêté ministériel a porté un préjudice aux promoteurs d’huileries qui se plaignent de l’étroitesse du marché national pour pouvoir écouler toutes leurs marchandises. “Nos magasins sont aujourd’hui pleins de tourteau, il n’y a pas de preneur.

Nous demandons au gouvernement la levée de la mesure qui nous interdit d’exporter afin que nous puissons aller vendre nos produits en Mauritanie, au Sénégal et en Côte d’Ivoire”, a laissé entendre le président de l’APHAM.

Il faut rappeler que, de commun accord, le gouvernement et l’APHAM ont fixé le prix de la tonne de tourteau à 105 000 F CFA. Ailleurs, en dehors du Mali, en Mauritanie par exemple, la même tonne coûte 150 000 F et 200 000 F CFA au Sénégal. Avec l’installation de la saison des pluies, des herbes ont poussé partout, ce qui fait que le tourteau ne s’achète plus.

Il y a donc une urgence d’exporter une partie de la production nationale vers la Mauritanie ou le Sénégal où l’hivernage tarde à s’installer.


Daba Balla KEITA

08 Juillet 2008