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La Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM) a entrepris hier une marche pacifique de la place de la Liberté au monument de l’Indépendance pour soutenir l’Armée et dénoncer l’envoi d’une force internationale de la CEDEAO pour la reconquête de l’intégrité territoriale.

Outre les associations et organisations membres de la COPAM, la particularité des manifestants est qu’ils étaient essentiellement constitués de fidèles du Chérif de Nioro, Bouillé Hamaoulla Haïdara. Plusieurs leaders de la COPAM, dont Oumar Mariko, Younouss Hamèye Dicko, ou encore Mohamed Tabouré, ont participé à la marche.

« Ce n’est pas une manifestation des musulmans ou des fidèles du Chérif, mais c’est une démonstration pour la paix de patriotes maliens sans discrimination aucune. Ce n’est rien d’autre que pour le retour de la paix dans notre pays. C’est pourquoi nous sommes opposés à l’envoi des forces de la CEDEAO», a expliqué Cheick Tidiane Diallo, un émissaire du Chérif venu de Nioro pour la circonstance. Les autres émissaires du chef religieux étaient Mina Doucouré, Essira Hamed Koureïchi et Youba Bah.

C’est aux environs de 8 heures que les manifestants se sont regroupés sur la place de la liberté. Les fidèles du Chérif étaient facilement identifiables car ils arboraient autour du cou un chapelet et brandissaient des posters du chef religieux. Pendant plus d’une demi-heure la circulation a été interrompue sur la place de la Liberté.

jpg_copam-marche-2.jpgVers 11 h, les marcheurs parviennent au monument de l’Indépendance via l’échangeur du Babemba et le boulevard de l’Indépendance, sous escorte des forces de l’ordre. Tout le long du parcours, ils brandissaient banderoles et pancartes pour exprimer leur opposition à l’arrivée d’une force internationale dans notre pays et scandaient des slogans hostiles à la CEDEAO.

Dans une déclaration lue et que les marcheurs entendent remettre aux autorités de la République, le président de la COPAM, Younouss Hamèye Dicko, a expliqué que le sens de la marche est « patriotique ». « Nous exprimons notre opposition farouche et totale à la présence de toute troupe étrangère à Bamako pour résoudre ses problèmes qui relèvent de la souveraineté exclusive », a-t-il expliqué.

« Toute intervention sans une concertation au préalable ne fera que gangrener le problème du Nord », a-t-il estimé en exigeant la mise à la disposition de l’armée de moyens, notamment des armes « bloquées », assure-t-il, dans certains ports de la sous région.

Be COULIBALY

Essor du 19 Octobre 2012


Marche de la COPAM 2:« Notre pays ne sera jamais une terre de confrontation contre l’islam…», dixit Younouss Hamèye Dicko

Entouré d’un important dispositif sécuritaire, les membres de la Coalition des Organisations et Patriotiques du Mali (COPAM), ont marché hier de la place de liberté à la place de l’indépendance. L’objet de cette démonstration de force est de dénoncer la CEDEAO et sa politique de deux poids, deux mesures et la somme de libérer les armes de l’armée délibérément bloquées dans des ports ouest-africains.

Ce sont des centaines de marcheurs qui ont bravé le boulevard de la place de liberté à celle de l’indépendance, hier jeudi. Cette marche a été dirigée par Younouss Hamèye Dicko, président de la COPAM, Dr Oumar Mariko, membre influent et secrétaire de la SADI et bien d’autres mouvements affiliés.

jpg_copam-manif.jpgSur les pancartes et banderoles, on pouvait lire des déclarations hostiles à la CEDEAO, à la communauté internationale, au président par intérim et au FDR, un adversaire de taille, comme par exemple : « la CEDEAO à Bamako, notre souveraineté confisquée », « libérez nos armes ! ».

Selon la déclaration lue à la fin de la marche par le président de la COPAM, les manifestants exigent à la CEDEAO de livrer les armes du Mali détenu dans certains pays voisins, sans délais et qu’elle dédommage le peuple malien pour la rétention illégale et prolongée de ces armes. Et surtout, les manifestants avertissent tout intervenant dans la crise malienne « que le Mali ne sera jamais une terre de confrontation contre l’islam en se servant de la présence bien réelle d’islamistes criminels chez nous ».

Mais cependant pour les organisateurs : « cette guerre est celle de la nation malienne. Elle doit la mener héroïquement. Et pour cela, elle réclame l’aide et l’assistance de ses amis à ses forces de défense et de sécurité et non une substitution forcée d’armées étrangères à nos propres efforts. » La marche est une démonstration de la colère du peuple qui ne tolère pas l’arrivée d’une force étrangère à Bamako.

Car selon les initiateurs de la marche, l’arrivée de troupes de la CEDEAO est source de désordre qui va installer l’insécurité de telle manière que tout se passe comme si le Mali était occupée au sud comme au nord. Par contre explique l’un des orateurs, cette force étrangère sera la bienvenue sur le front. Donc sur le champ de bataille.

Après ce succès, il est prévu dans les jours à venir, d’autres manifestations mais d’ici là, la COPAM organisera une conférence de presse demain samedi pour se prononcer sur la plainte que le parti SADI avait introduite à la cour de la CEDEAO contre les présidents Alassane Ouattara, président en exercice de la l’institution sous régionale, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne et Thomas Yayi Boni, président de la commission de l’Union Africaine. Un procès qui aura lieu le 25 octobre prochain à Abuja et dont le dossier sera défendu par les avocats : Me Phillipe Zadi, l’ivoirien et les maliens Me Mamadou Gakou et Me Mariam Diawara.

Benjamin SANGALA

Mali Demain du 19 octobre 2012.