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Longtemps vilipendée pour avoir pris des initiatives tendant au déguerpissement du marché de Banconi-Razel pour satisfaire ses intérêts privés, la maire de la Commune I a reçu les excuses publiques des occupantes dudit marché au cours d’une cérémonie tenue dans l’enceinte de la mairie le 11 juillet 2008.

« De la discussion jaillit la lumière ». Ainsi peut-on qualifier la rencontre de jeudi dernier que la maire de la Commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia, a eue avec les occupantes du marché de Banconi-Razel.

Au centre des échanges, le sort réservé au marché de Banconi-Razel à propos duquel des populations accusaient la maire d’avoir des visées. Ce marché est installé sur un site créé en 2002 dans l’emprise de la voie ferrée sur un espace de 150 m de long et 36 m de large, correspondant à la partie rétrocédée par les chemins de fer.

Selon des données, 687 familles, à travers 489 femmes commerçantes, exercent le commerce du détail. Seulement voilà : le seul tort de la mairie a été d’avoir pris des initiatives pour le réaménagement du marché afin qu’il soit dans le plan de la Commune.

Une décision qui a valu à la première responsable de la Commune I toutes les insanités sur des antennes de radios privées au point de souiller son honneur et partant celui de toute l’équipe communale.

Ce que les contempteurs de la maire feignent d’ignorer c’est qu’au moment de l’attribution en 2002 du site au Groupement des femmes du quartier de Banconi-Razel, il a été écrit noir sur blanc sous Hamadoun Yaro, maire d’alors, que l’occupation de l’emprise de la voie ferrée pour ériger un marché n’est que provisoire et qu’elle doit être faite en matériaux démontables assortie d’une durée d’un an renouvelable et que l’administration se réserve le droit en cas de besoin de retirer l’autorisation sans indemnisation ni compensation.

Des clauses acceptées par la présidente du Groupement des femmes, Mme Diarra Korotoumou Coulibaly. Même le patron du Syndicat des commerçants détaillants (Synacodem) a reconnu à la rencontre que le marché de Banconi-Razel est provisoire et que les occupants n’ont aucun droit de propriété sur le site.

Le calumet de la paix

Alors que l’encre ayant servi à la rédaction de ces clauses n’est pas totalement séchée, des voix s’élèvent pour des buts inavoués accusant à tort la maire de la Commune I de vouloir faire déguerpir le marché.

Mais quel lien il y a-t-il entre le réaménagement d’un marché et le déguerpissement ? Cette cabale contre l’édile ne peut s’expliquer que par un conflit d’intérêt ou politique.
« Il n’a jamais été question de faire déguerpir le marché de Banconi-Razel. C’est de notre devoir de le réaménager.

Mais nous n’avons jamais dit un seul instant que les occupants devront vider les lieux », a démenti la maire rappelant l’importance du marché pour la mairie.
« Chaque jour, nous récupérons 50 F aux occupants et cela est prévu dans le budget communal.

Pourquoi évacuer un marché alors qu’il est pourvoyeur de recettes pour la mairie ? Dire que nous voulons vendre le site consiste à nous dénigrer, à nous salir. Nous sommes là pour la population. Nous avons également un devoir de la protéger, mais nous n’irons pas sur une radio pour insulter ou dénigrer qui que ce soit. Nous avons d’autre combat », a fait valoir Mme Konté Fatoumata Doumbia.

Elle a été appuyée dans ses explications par certains de ses conseillers. A la lumière des échanges, il est apparu que ceux qui sont compris dans la voie ferrée seront repoussés afin que l’emprise du rail soit respectée de 50 m au lieu de 100 m comme initialement prévu.

C’est à ce prix du réaménagement que le marché de Banconi-Razel peut être maintenu sur la fiche de recensement avec l’avantage d’être pris en compte dans le plan d’aménagement de la Commune.

Qu’il s’agisse du Synacodem, des occupantes, tous se sont accordés pour dire que le contentieux autour du marché a été un problème d’incompréhension.

Ayant compris les bonnes intentions de l’équipe communale, les occupantes du marché de Banconi-Razel à travers Mmes Kassambara Astan Touré et Dakouo Hawa Kamaté ont présenté publiquement leurs excuses à la maire. «Vos excuses sont pleinement acceptées », a répondu Mme Konté. En retour, il leur a été demandé d’être les porte-parole de la mairie auprès de leur présidente pour qu’elle mette fin à ses actions tendant à inciter à la violence.

Les deux parties ont convenu de la mise place d’une commission tripartite dans laquelle sera représentée la mairie, le Synacodem et les occupants du marché pour gérer la situation. Une demande à laquelle a accédé Mme Konté Fatoumata Doumbia. Une fois le calumet de la paix fumé, tout semble indiqué que la Commission domaniale pourra reprendre de droit et dans la quiétude les travaux de bornage du marché.


Mohamed Daou

Vérités ou astuces ?

Enfin ! L’autorité se rend à l’évidence ou fait mine de partager la douleur des masses qui se cherchent mais ne se retrouvent plus sous les coups de boutoir de la vie chère. Tirant sur tout ce qui bouge à l’occasion de la Journée paysanne, le 5 juillet 2008 dans le cercle de Kati, le chef de l’Etat, est-on tenté… d’écrire, a reconnu des vérités simples maintes fois dites et peut-être compris que ses « ennemis » ne sont pas forcément là où on veut les voir.

Sceptique, il a reconnu ce que d’aucuns n’ont cessé de dire ouvertement à propos de « l’Initiative riz », à savoir que c’est une campagne tout au plus politique, qui ne vise qu’à déplacer un problème qui, tôt ou tard, rattrapera les décideurs.

Appelées au pied levé, les banques traînent les pieds ; les intrants agricoles se font toujours désirer. Ne découlant d’aucune vision du développement agricole, « l’Initiative riz » risque de n’être qu’une désillusion « made in Malo ».

Mais puisque le président n’entend pas être interpellé plus tard à son propos, il s’en est presque lavé les mains.
On ne cesse de déplorer depuis 2002, les mauvais choix des gouvernements. A Kati, le boss, quelque peu irrité par la cacophonie au sommet de l’Etat, a promis d’y mettre le holà : en sortant les ministres incompétents. N’deyssane ! Mais n’est pas tant les hommes que le système qui mérite d’être corrigé.

De fait, tant que les pratiques déplorables demeurent, il n’y a aucune chance pour que le pays s’en sorte même avec des savants plus compétents qu’Einstein dans les divers domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle aux postes clés de la République.

On n’a cessé depuis quelques mois de craindre pour le Trésor, au bord de la faillite. Alors même que les retraités n’ont plus leurs maigres pensions, le chef de l’Etat n’a trouvé d’autres explications à cette situation que la boulimie d’argent des Daf, qui « pillent » la banque de l’Etat à l’approche des changements ou des fins d’année.

Et pourtant aucune Daf, malgré la gravité de l’accusation, n’aura à en répondre devant les assises en transport à Ségou. Pas un seul directeur qui soit en disgrâce. A qui la faute ?

C’est dire qu’encore une fois, le président au lieu de vérités crues, s’est adonné à un jeu qui consiste à dire : « Voyez-vous ce n’est pas moi, c’est eux ! » Mais, n’est-ce pas trop facile comme moyen de défense quand on sait que la présence des « accusés » à ces niveaux de responsabilités ne tient qu’à lui, qu’à un décret par essence abrogeable ?

Toujours est-il qu’en annonçant un remaniement du gouvernement dans un pays où le désir de commander aux autres, tout comme la délation et la médisance, devient une religion d’Etat, il se donne les coudées franches et calme les ardeurs « bellicistes » de tous ceux qui piaffent d’impatience dans l’antichambre des ors de la République.

Qui est fou pour être du côté du peuple à l’annonce d’un remaniement ?


« ATT ou bè sa i no fè » ! Au propre comme au figuré.

A. M. T.

14 Juillet 2008