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La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) et la Coalition des alternatives dette et développement (CAD-Mali) ont, conjointement, organisé hier mardi 22 avril, une marche de protestation contre la cherté des produits de première nécessité. Partis du siège de la CSTM, au Quartier du Fleuve, les marcheurs, très engagés pour la cause et encadrés par un impressionnant dispositif de sécurité, ont bouclé leur manifestation à la Primature avec la lecture par le Secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, d’une  » Déclaration sur la vie chère au Mali  » dont une copie a été remise au Chef de cabinet du Premier ministre, Alfouseyni Sow.

Les militants de la seconde centrale syndicale des travailleurs du Mali étaient venus assez nombreux pour répondre à l’appel de leur direction nationale en vue de cette marche de protestation contre la vie chère. Néanmoins, les militants (qu’on peut estimer entre 200 et 300 personnes) qui étaient là ont animé la cadence tout au long du trajet allant du siège de la CSTM, au Quartier du Fleuve, à la Primature en passant devant l’ANPE (Agence nationale pour la promotion de l’emploi). Les responsables de la CSTM assuraient la bonne organisation de la marche en veillant en sorte que les manifestants puissent se déplacer dans l’ordre et lancer leurs slogans.

Une grande banderole était déployée au premier rang sur laquelle on pouvait lire  » pouvoir public stop à l’augmentation des prix des denrées alimentaires « . Les pancartes étaient, par contre, très nombreuses. Sur celles-ci, on pouvait lire, entre autres,  » manger n’est pas un luxe « ,  » le commerce au service du développement « , « détaxation des intrants agricoles « , « quel est le rôle de l’Etat ?« , « On a faim, où est l’Etat ?« ,  » assainir la gestion publique  »  » non à la cherté de la vie « ,  » vie chère tu veux notre chair « , «  oui à la réglementation des prix « .

Ces différents slogans étaient scandés à vive voix par les manifestants jusqu’à la porte d’entrée de la Primature où le dispositif de sécurité qui avait encadré la marche depuis le départ, était renforcé.
C’est ainsi que le Secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, accompagné par la présidente de CAD-Mali, Mme Barry Aminata Touré et de certains de ses proches collaborateurs dont Youssouf Ganaba, ont accédé à l’enceinte de la Primature où les attendait, le Chef de cabinet, Alfousseyni Sow. C’est ainsi que M. Guindo a lu une déclaration sur la vie chère. Dans ce document, il a rappelé que la quête de meilleures conditions de vie et d’existence, voire de mieux-être, était le socle de la révolution populaire de mars 1991.

Le Secrétaire général de la CSTM d’indiquer que le citoyen malien, il y a une décennie, était à l’abri de la pénurie des denrées, de l’absence de dispositif d’approvisionnement des marchés, de la flambée permanente des prix au gré des fournisseurs, de l’incapacité des pouvoirs publics à prendre en charge les préoccupations des populations éprouvées, de l’inexistence de mesures de sécurité, de la poursuite de la politique de monopole du riz et du lait, de l’absence de mécanisme de prévention et de gestion des situations de crise alimentaire.

Malheureusement, dit-il, «  le peuple malien s’appauvrit davantage au fil des jours, le peuple malien a faim et soif, le peuple malien vit dans une insécurité jamais vécue de l’indépendance à nos jours. Les pères et les mères de famille, à cause de la précarité, ont déserté leurs foyers « .
Aussi, a-t-il regretté le fait que  » l’affairisme, la gabegie, la corruption, l’impunité et le laisser-aller ont refait surface  » malgré les discours sur la demande sociale, les programmes sur la souveraineté alimentaire, les politiques de justice sociale et d’éducation.

« Nous disons, aujourd’hui, que la cherté de la vie a atteint son paroxysme et que le peuple malien n’en peut plus. Nous constatons, et cela avec regret que toutes ces exonérations délivrées à des  » Amis  » opérateurs économiques ne sont que des formes voilées de détournements des deniers publics parce que n’ayant pas obtenu aucun impact positif sur le prix des denrées  » a lancé le Secrétaire général de la CSTM. Face à cette grande misère, le patron de la Confédération a invité le Chef du gouvernement à «  procéder à une augmentation substantielle de l’ensemble des revenus ; faire jouer à l’OPAM tout son rôle d’antan, rôle d’achat et de gestion de stocks, de distribution et de régulateur du marché intérieur ; à la création de coopératives de consommation dans toutes les communes ; engager une politique hardie de production agricole, réduire le train de vie de l’Etat et combattre la corruption et l’impunité « .

Yousouf CAMARA

23 avril 2008.