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« Pour dire non à l’introduction des OGM au Mali, nous avons initié une marche qui partira du siège de l’APCAM pour prendre fin à la Primature, mais auparavant, nous allons passer au ministère de l’agriculture et à l’USAID pour remettre des lettres de protestations au ministre Seydou Traoré et à la directrice de l’institution américaine qui se bat pour introduction les OGM au Mali« . C’est par ces propos que Bakary Doumbia, président du CCA-ONG a présenté l’itinéraire de la marche de ce matin. De son côté, Mme Assetou Samaké a estimé que les organismes génétiquement modifiés sont à la porte de nos champs. Pour cela, elle a estimé que nous n’avons pas droit à l’erreur et devons nous mobiliser pour empêcher aux OGM d’envahir nos champs Selon elle, il y a trois mois que la Banque mondiale a décidé de passer par l’UEMOA pour faire adopter un cadre sous régional de la biosécurité.
Assetou Samaké trouve cela déroutant, d’autant que l’accord de Carthaginois, ratifié par tous les pays, leur donne la possibilité de s’organiser individuellement et en fonction de leurs réalités pour élaborer un cadre de biosécurité. Mieux, elle a révélé que le PNUD s’était engagé à aider les pays qui exprimaient le besoin à élaborer leur cadre national de biosécurité. « Le financement du PNUD ayant pris fin, c’est la Banque mondiale qui s’empresse pour mettre l’UEMOA à contribution pour imposer un cadre unique de biosécurité à la sous région« , a-t-elle dénoncé.

Mme Samaké s’est dite surprise par cette attitude de la Banque mondiale qui tranche avec l’option des différents Etats africains qui avaient commencer à s’inspirer de la loi cadre de l’Union africaine qui situe clairement les responsabilités des uns et des autres. Dans tous les cas, elle a révélé que le Mali et quatre autres pays pilotes ont été sélectionnés en Afrique de l’ouest pour mettre le projet de l’UEMOA, inspiré par la Banque mondiale, en route. Ce sont : le Burkina Faso, le Togo, le Sénégal et le Bénin. Mme Samaké a néanmoins indiqué que le Mali n’a pas encore signé de document pour l’introduction des OGM. Mais, elle a estimé qu’il y a des discours et des comportements d’officiels qui sont favorables à l’introduction des OGM au Mali.

Pour sa part, Aminata Dramane Traoré a indiqué que la problématique des OGM interpelle tous les citoyens maliens. Selon elle, ce qui se passe est l’illustration du mépris de l’occident pour les africains et leur Etat.
« Qu’est ce qui peut pousser la Banque mondiale et l’USAID à aller plus vite que les maliens, si ce n’est l’arrogance« , s’est-elle demandé. Mme Aminata Dramane Traoré pense que dans la forme la plus raffinée de leur arrogance, les multinationales occidentales, par leur volonté d’introduction des OGM au Mali, veulent arracher aux paysans maliens la seule richesse qui leur reste : les semences traditionnelles.

La présidente du forum pour un autre Mali (FORAM), organisation membre de la coalition pour la sauvegarde du patrimoine génétique, a indiqué qu’il y a un enjeu financier colossal dans la propagation des OGM. « Les multinationales ont besoin de percer sur le marché africain », a-t-elle affirmé. Avant de se demander : quels sont ces dirigeants irresponsables qui osent sans mandat du peuple aller dire que les maliens sont d’accord pour l’introduction des OGM dans leurs champs ? A l’attention des américains, la figure de proue du mouvement altermondialiste a dit : « on vous demande de supprimer les subventions sur votre coton. Vous refusez et vous voulez nous imposer les OGM que nous n’avons pas demandé. Les paysans, les citoyens et les consommateurs maliens n’ont pas besoin de vos pourritures d’OGM« , a-t-elle conclu.

Assane Koné/Le Républicain

21 juillet 2006