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La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), a manifesté hier contre la vie chère, la crise scolaire et le conflit du Nord.

« Le peuple malien est dans l’impasse. Les pères et mères de famille dans la précarité ont déserté leurs foyers. Les prétextes et les mensonges inventés ont fait leur limite : l’humiliation est à son comble dans tous les foyers » , c’est par ces mots de désespoir et de détresse que le secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, s’est adressé au représentant de la Primature à qui il a remis une copie de la déclaration de la CSTM à l’issue d’une marche qui est allée du siège de la Confédération à la Primature, en passant par l’Ecole Sainte Thérèse, la Place de l’OMVS…

Les marcheurs étaient estimés à un millier de personnes. Ils ont, tout au long de leur itinéraire, tenu des propos hostiles au régime en place.

Certains de nos concitoyens n’ont pas hésité à fermer leurs magasins pour se joindre à la foule qui scandait : « A bas les affameurs du peuple ! », « Sauvegarder le pouvoir d’achat des Maliens est un devoir patriotique », « Le peuple a faim », « A bas les profiteurs et les corrompus ! ».

Les militants de la CSTM ont estimé qu’il est urgent que le gouvernement regarde sincèrement le peuple malien en face, évalue toute sa misère et le sacrifice qu’il a consenti pour que le Mali d’aujourd’hui soit.

C’est pourquoi, la CSTM, qui a bénéficié du soutien de la Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali) dans l’organisation de la marche, ne s’est pas contentée de dénoncer et de réclamer de meilleures conditions de vie pour les Maliens.

Elle a aussi fait des propositions dans une déclaration remise au représentant du chef du gouvernement.

Haro sur la corruption

La CSTM a invité les autorités à procéder à une augmentation substantielle de l’ensemble des revenus, à faire jouer par l’Office des produits agricoles du Mali (Opam) tout son rôle d’antan (acheteur et gestionnaire des stocks, distributeur et régulateur du marché intérieur).

Elle a également jugé nécessaire la création de coopératives de consommation dans toutes les communes du Mali et la réduction du train de vie de l’Etat qui passe, selon M. Guindo, par la lutte contre la corruption et l’impunité. « Aujourd’hui ancrée et entretenue dans nos réflexes ».

Selon des observateurs, les marches de protestation sont bien fréquentes dans notre pays en cette période de crise économique mondiale, mais celle de la CSTM s’est surtout distinguée par la forte mobilisation.

Hier, des Bamakois, notamment ceux du centre ville ont ressenti la colère des Maliens durement touchés par la cherté de la vie et surtout écœurés par l’incapacité des pouvoirs publics à trouver une alternative aux problèmes qui ont pour noms : hausse du prix des denrées de première nécessite, crise scolaire, conflit du Nord…

Amadou Waïgalo

23 avril 2008.