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«Osons parler» : une pancarte qui résume un combat, celui de ces femmes toutes de blanc vêtues, venues dire «halte aux violences conjugales» à l’instar de Diago Ndiaye, secrétaire générale du REPSFECO, un réseau d’organisations féminines. «Ça existe mais c’est tabou, on nous dit de taire ça, lance-t-elle. On négocie dans la maison, on négocie dans le quartier pour que les gens ne parlent pas. Au nom de quoi ? Mais il est temps que l’on dénonce toutes ces agressions, toute cette violence. Pour que ça cesse.» Conseil bénévole auprès de victimes, l’avocate Ndeye Fatou Touré ajoute que «les femmes ne viennent pas toujours avec un œil au beurre noir. Mais dans le secret de votre cabinet, elles vous racontent des situations de violences psychologiques, morales, qu’elles vivent, qui sont indescriptibles. Ce sont des insultes, des coups, des privations. Le fait de la clouer dans la maison presque pour en faire une sorte d’esclave, si je puis dire. Sans compter les violences sexuelles. Quand la femme ne veut pas, on la force, et c’est inadmissible.» Penda Seck Diouf est la présidente du comité de Lutte contre les violences faites aux femmes. Elle rappelle que «le Sénégal dispose d’un arsenal juridique important. Mais on veut que toutes ces lois en faveur de la protection des droits humains et des femmes soient appliquées. Ce qu’on demande également, c’est la lutte contre toute impunité. Il faut que les auteurs des violences soient punis.» RFI