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Après les échauffourées de la semaine dernière qui ont laissé une dizaine de macchabées sur le carreau, l’opposition guinéenne a encore donné rendez-vous à ses militants, hier, 24 octobre, pour battre une fois de plus le pavé, contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé. Cette fois-ci, la manifestation était autorisée par les autorités qui n’ont pas bandé les muscles comme à leur habitude, avec les conséquences de violences parfois meurtrières qui en découlent généralement. Vingt-quatre heures plus tôt, c’est un rassemblement de femmes qui donnait de la voix dans les rues de Conakry, pour dénoncer la vague des violences policières qui s’abattent sur leurs enfants, frères et époux, dans l’exercice de leur droit constitutionnel de manifester. Et cela, sous l’œil vigilant des forces de sécurité qui, contrairement à leur réputation de forces à la gâchette facile et souvent promptes à casser du manifestant pour un oui ou un non, n’ont pas daigné pour une fois lever la moindre matraque. Il est heureux de constater que les autorités guinéennes se sont ressaisies. Si cette sortie de l’autre moitié du Ciel peut être lue comme un signe des temps, la question que l’on peut se poser est de savoir si la soudaine retenue des forces de l’ordre marque un changement de cap ou de stratégie dans la répression des manifestations ou s’il s’agit d’un rétropédalage du président guinéen avant le grand saut dans l’inconnu.LePays