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Le drame est survenu dans la nuit du jeudi à vendredi dans la cité sainte.

Le bilan est très lourd : 26 morts et une quarantaine de blessés dont certains ont heureusement déjà regagné leur domicile. La bousculade s’est produite aux alentours de la grande mosquée de Djingarey-Ber à Tombouctou, entre 21 et 22 heures, au moment où des milliers de fidèles (environ 4000) étaient regroupés pour la veillée de lecture du saint Coran et de prières à l’occasion du Maouloud. Au lendemain de cette tragédie sans précédent dans la ville, le chef de l’État s’est donc personnellement rendu dans la Cité des 333 saints pour présenter les condoléances de toute la nation aux familles des victimes.

C’est aux environs de 15h 30mn que l’avion transportant Amadou Toumani Touré s’était posé à l’aéroport de la ville. Il sera accueilli par des membres du gouvernement dont le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné et son collègue du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées. Ceux-ci avaient été rapidement dépêchés par le président Touré pour soutenir et assister les familles des victimes.

LA MOSQUEE EN RENOVATION

Dès son arrivée à Tombouctou, le chef de l’Etat s’est rendu au domicile de l’imam de la mosquée de Djingarey-Ber, Abdrahamane Ben Essayouti, où étaient réunis les notables de la ville. Le président de la République a présenté ses condoléances aux familles des victimes, avant d’offrir une enveloppe symbolique de 30 millions Fcfa.

Cette première séquence du séjour du président de la République s’achèvera par une séance de prière pour le repos de l’âme des disparus. Du domicile de l’imam Abdrahamane Ben Essayouti, le chef de l’État se rendra à la mosquée de Djingarey-Ber où s’est produit le drame. Dans la ruelle où a eu lieu le drame, l’on pouvait encore voir des chaussures et des habits de victimes. La ruelle a déjà été hâtivement baptisée par certains habitants de Tombouctou, « Le couloir de la mort ». Elle est située au côté nord de la mosquée de Djingarey-Ber.

Que s’est-il donc passé ?

Il faut d’abord rappeler que la mosquée est en rénovation grâce à un appui du groupe Aga Khan. Pour les besoins de ces travaux, des rues ont été barrées. Les fidèles ne pouvaient donc pas emprunter la voie qu’ils utilisent d’habitude pour faire le tour de la mosquée. Du coup, ceux-ci, dont une grande majorité de jeunes devaient passer par une ruelle très étroite de 3,5 à 4 m sur une distance de d’environ 50 m. Un petit mouvement de panique a été le déclencheur du drame. Circonstance aggravante, d’autres gens venaient en sens inverse. « Les gens se sont croisés dans la ruelle. Il y a eu une bousculade. Les premières victimes sont mortes suffoquées », témoigne un habitant de la ville qui a perdu sa belle-sœur dans la tragédie. Sur les 26 morts, les corps de 10 victimes avaient été enlevés sur place par leurs parents, tandis que 15 autres (dont 9 jeunes filles, 3 femmes et 3 garçons) étaient transportés à l’hôpital régional. Le corps d’une autre fille avait été acheminé sur l’infirmerie du camp militaire. A l’annonce de la triste nouvelle, le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement Tiémoko Sangaré (en visite dans la Région) et le gouverneur de Tombouctou, Mamadou Mangara, les autorités administratives et politiques, ainsi que les responsables de la sécurité, se sont rendus sur le lieu du drame, puis à l’hôpital régional.

TOUT LE SOUTIEN NECESSAIRE

De la mosquée, le président de la République s’est rendu au chevet des blessés à l’hôpital régional où il a pu parler avec certains qui étaient sous perfusion. Amadou Toumani Touré a souhaité prompt rétablissement à tous les blessés. Le chef de l’État, tout de blanc vêtu a présenté les condoléances de toute la nation aux familles des victimes, assurant que l’État leur apportera tout le soutien nécessaire dans ces circonstances particulièrement douloureuses. « Nous ne pouvons que nous incliner devant la volonté de Dieu », a fait remarquer le président Touré, avant de confier qu’il a suivi de très près la gestion de la tragédie. « J’ai dépêché des membres du gouvernement pour venir soutenir et assister les familles des victimes et la population.

Et comme cela n’était pas suffisant, j’étais moi-même obligé de venir ici pour présenter les condoléances de toute la nation. Toutes les dispositions sont prises pour prendre en charge les blessés et soutenir les familles des victimes », a garanti le chef de l’Etat qui a rendu hommage aux autorités administratives et politiques, et à la Protection civile de Tombouctou pour la promptitude avec laquelle elles ont réagi. Il a invité tous nos compatriotes à faire des bénédictions pour les victimes et pour le pays tout entier en cette semaine bénie de Maouloud. L’imam de la mosquée de Djingarey-Ber a remercié le président de la République dont la présence a été d’un grand soulagement pour les familles des victimes. « Vous avez toujours été à nos côtés dans les moments de bonheur comme de tristesse », a témoigné Abdrahamane Ben Essayouti.

Le chef religieux a expliqué que la fête du Maouloud est célébrée de la même manière à Tombouctou depuis le 16è siècle et que jamais une tragédie de cette ampleur n’était arrivée. Au moment où le président Touré quittait Tombouctou, la Cité de 333 saints avait fini d’enterrer ses morts et la ville était plongée dans un silence de mort.

Madiba Keita, Oumar Diop

L’Essor du 02 mars 2010