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A Conakry, après deux jours d’une violente tempête sociale dont le bilan s’établit à près de sept morts, des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations, le ton semble à l’apaisement. C’est du moins ce que laisse croire la sortie du ministre de l’Administration du territoire, le général Boureima Condé, qui invite l’opposition au dialogue. « La porte n’a jamais été fermée. Cela ne sert à rien de verser le sang pendant que le verbe, les mots peuvent trouver la solution », a-t-il laissé entendre. La question que l’on peut d’emblée se poser après ce brusque changement de ton du gouvernement, est la suivante : l’Exécutif guinéen est-il de bonne foi ? Point n’est besoin de regarder dans une boule de cristal pour voir que cette offre de dialogue du gouvernement cache mal une ruse de guerre destinée à casser le rythme de la contestation et à gagner du temps. Car, on le sait, le gouvernement fait un clin d’œil à la communauté internationale qu’elle prend à témoin de sa disponibilité à dialoguer avec ses opposants. Alpha Condé ne fait donc semblant de reculer que pour mieux sauter. Mais cette vieille ruse de guerre va-t-elle prospérer ? Le dialogue ne saurait se substituer aux dispositions de la loi fondamentale de la Guinée.LePays