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Pour le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR), il y a un traitement inégalitaire à Kidal par la communauté internationale, qui soutient et protège le MNLA pendant que celui-ci commet des crimes et délits sur la population civile. Pour faire part de leur préoccupation, les deux mouvements, signataires de l’accord de Ouaga, ont rencontré vendredi la Minusma, le représentant de la communauté internationale au Mali, à son QG.

A l’issue de leur rencontre avec les autorités de la Minusma, les représentants du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR) ont animé un point de presse vendredi dernier.

Me Harouna Toureh, représentant de la CMFPR, a expliqué qu’ils ont décidé de rencontrer la Minusma pour exprimer leur préoccupation par rapport à la situation de Kidal. « Pourquoi la Minusma ? Parce qu’elle représente au Mali les organisations internationales chargées de maintenir la paix et la sécurité. La Minusma a un mandat précis qui consiste à observer et à faire observer le cessez-le-feu tel qu’il a été décidé par les résolutions des Nations unies. Elle est le partenaire direct de l’accord intervenu à Ouaga entre le Mali et les groupes armés dont nous Mouvement arabe de l’Azawad et Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance« , a-t-il répondu.

Me Toureh a déploré qu’aujourd’hui le MNLA et le Haut conseil unitaire de l’Azawad commettent des crimes de sang sur la population civile, détruisent leurs biens, portent atteinte à leur liberté sans que la communauté internationale ne proteste.

« Nous nous sommes rendu au QG de la Minusma pour lui demander de prendre des dispositions pour que son mandat soit respecté à Kidal d’autant que l’armée a pour mission d’assurer la paix et la tranquillité à Kidal« , a ajouté Me Toureh.

Selon lui, présentement ce qui se passe à Kidal se passe en présence de la communauté internationale qui fait un traitement inégalitaire.

La communauté internationale en cause

A entendre Me Toureh, il y a des crimes et délits à Kidal avec la complicité avérée de certaines notabilités.

Le conférencier a fait remarquer que « puisque le MNLA et le Haut conseil n’ont jamais respecté leur engagement, les responsables de ce qui se passe à Kidal et dans les autres parties du pays sont eux. Donc, les crimes et les délits qui seront commis par qui que ce soit seront portés à la connaissance de la communauté internationale que nous tiendrons responsable devant les tribunaux internationaux« .

A l’en croire, pour mettre fin aux exactions à Kidal, le MNLA et le Haut conseil doivent être désarmés et cantonnés comme le dit l’accord de Ouagadougou.

« Y a-t-il au Mali des populations qui méritent d’être protégées pendant qu’elles commettent des crimes et délits et y a-t-il au Mali d’autres populations qui aient le mérite d’être tuées, d’être humiliées sous le regard de la communauté internationale ?« , s’est interrogé l’avocat.

L’une des conséquences des crimes de sang sur la population civile par le MNLA pourrait être la révolte des populations noires contre les populations blanches à Tombouctou et Gao.

Mais Me Toureh a assuré qu’ils sont en train de tenter de calmer les populations pour qu’il n’y ait aucun risque de dérapage, aucune confusion et aucun acte d’amalgame. Par ailleurs, il a démenti que le MLNA n’a tué ou emprisonné aucun élément de Mujao contrairement à ce qui a été dit sur les antennes complaisanres.

« En réalité, le MNLA a intercepté et attaqué deux véhicules dont l’un avait à son bord deux hommes et trois femmes. L’opération était dirigée par Beye Ag Bénéti. Ils ont libéré les trois femmes et un véhicule et ils ont gardé l’autre véhicule et son chauffeur. Le véhicule appartient à un commerçant de Tombouctou. C’est la diversion que fait le MNLA« , a-t-il dévoilé.

Me Harouna Touré avait à ses côtés Mohamed Ould Matali, le représentant de la communauté arabe, qui a soutenu que si réellement le MNLA a emprisonné des membres de la Mujao qu’il les montre.

Sidiki Doumbia

Les Échos du 22 Juillet 2013