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Ce lundi 19 mars 2012, des dizaines de jeunes ont manifesté à Kati pour exprimer leur indignation face à la situation militaire au Nord.

Il y a deux mois, le nord Mali s’est engouffré dans une crise qui s’intensifie de jour en jour. Des rebelles touaregs, ex-combattants de l’armée libyenne, ont pris les armes contre l’Etat, le 17 janvier, pour réclamer l’indépendance de l’Azawad, une zone qui comprend au moins les deux tiers du territoire national. L’Etat malien a découvert dans cette insurrection une coalition entre ces rebelles réunis au sein du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) avec des éléments d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi), un groupe terroriste opérant sur le sol malien depuis près d’une dizaine d’année.

jpg_marche-bis-5.jpgDès la seconde semaine d’affrontement, la situation militaire semble s’établir à l’avantage des insurgés qui contraignent l’armée nationale à abandonner de nombreuses positions stratégiques de la zone. Indignées contre cette situation qui, de leur avis, est incompréhensible, des populations Kati ont exprimé leur désarroi, en prenant d’assaut la route de la ville menant à Koulouba où se situe le palais présidentiel.

Cette manifestation intervient donc après les premières constatées dans cette ville les 31 janvier et 1er février dernier. A la différence de la précédente manifestation qui comprenait plusieurs adultes notamment des femmes, celle d’hier état essentiellement animée par des enfants, apparemment des jeunes scolaires.

C’est aux environs de 10 heures que la manifestation a débuté avant de se buter à quelques kilomètres de la sortie de la ville à un impressionnant dispositif sécuritaire constitué de policiers, de gardes et de gendarmes. La presse a été empêchée de couvrir la manifestation.

Des slogans hostiles à l’encontre du chef de l’Etat aux cris appelant au retour des soldats déployés sur le front, ces manifestants ont érigé sur une distance de plus d’un kilomètre des barricades avant d’être dispersés par les forces de l’ordre par des tirs de gaz lacrymogènes. Cette manifestation n’a pas eu la même ampleur que la précédente mais il n’en demeure pas moins que le feu couve dans cette ville qui constitue la troisième région militaire du pays.

Seydou Coulibaly

20 Mars 2012

©AFRIBONE