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Ses chansons purement kassonké sont tirées du répertoire musical traditionnel de son Kayes natal. De “Minyé Minyé” (on est ce qu’on est), à “Mali Sadio”, en passant par “Fitiriwalé” (l’ingrat), l’artiste n’oublie pas de lancer des piques à l’endroit des “maîtres blancs” qui, après avoir pillé et sucé l’Afrique, l’ont rélégué aux calendes… du sous-développement.

Mangala Camara s’impose incontestablement comme l’un des plus grands artistes de son temps. Les notes de sa musique sont un mélange de djembé, de guitare et de Kora. Des rythmes qui ne laissent pas indifférent chacun y trouve son air préféré.

Artiste complet et engagé, il vit pour et par sa musique, avec plus de 20 ans de carrière, à travers des lieux les plus infortunés et les grandes salles d’Europe et d’Amérique.

Mangala Camara est aussi l’un des artistes maliens qui vend le mieux l’image du Mali à travers sa musique, son accoutrement, et surtout son style. Et sur ce dernier point, l’homme ne s’accommode pas de danse complexe: il se contente seulement de défier sa propre ombre.

C’est tout ce qui fait sa particularité qui, loin de l’embarrasser, le rend plutôt fier de lui-même. L’artiste sait que c’est de ses pas de danse que lui viennent les critiques les plus acerbes de ses détracteurs, mais il n’en a cure. Et c’est bien ce qu’il semble dire dans “Minyé-minyé”.

En dépit des différentes interprétations qu’on a pu faire de cette chanson, il semble dire qu’il ne peut pas, à l’instar des autres, changer sa nature. D’après un fin mélomane, “Mangala Camara, en plus d’être artiste au sens propre du terme, est aussi un philosophe”. C’est peut être ce qui explique le caractère peu abstrait de sa musique.

Ne pas reconnaître les talents de cet artiste musicien compositeur releverait de l’amateurisme, une erreur que Seydoni-Mali s’est gardé de commettre en le consacrant “Tamani d’Or” de l’année 2007, doublé de celui de “meilleur artiste masculin de l’année”.

Toute chose qui prouve que cette fête de la musique au Mali s’affirme de jour en jour, et à l’honneur de Seydoni-Mali, organisateur dudit évènement. Le comité d’organisation du cinquantenaire de Radio Mali ne dira pas le contraire.

En effet, lors du grand concert organisé à l’occasion de cet anniversaire, il avait fallu, à chaque fois qu’un artiste passait pour sa prestation, que le Comité d’organisation fasse croire à l’assistance que celui-ci sera suivi de Mangala Camara.

D’attente en attente, le public s’était finalement fait prendre au piège du comité d’organisation, bien que le stade Modibo Kéïta se soit vidé après la prestation de Mangala Camara. C’est dire combien pèse aujourd’hui ce dernier, sur l’échiquier musical malien et mondial.

Adama S. DIALLO

03 décembre 2007.