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Face aux informations faisant état d’exactions et d’arrestation contre des personnes issues des communautés songhaï, peulh et Bella, fondées sur la couleur de leur peau commis par des groupes armées à Kidal, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Manga Dembelé, a tenu une conférence de presse, le lundi 3 juin 2013 au sein de son ministère, pour condamner ce qu’il qualifie « d’épuration raciale » et promis que ces actes seront punis avec la dernière énergie. Le ministre a, par ailleurs, laissé entendre que l’armée malienne sera à Kidal dans les plus brefs délais et cela quel qu’en soit le prix.

«Il nous est revenu depuis quelques jours qu’un groupe armé dans la région de Kidal, notamment le mouvement dit de l’Azawad procède à ce qu’il convient d’appeler une épuration raciale. Le gouvernement regrette que des compatriotes, des personnes qu’on considère comme étant des Maliens, se comportent ainsi. De toutes les façons, le gouvernement condamne avec la dernière énergie ce que nous qualifions d’exactions. Si ces actes rapportés sont avérés, ils seront punis avec la dernière rigueur », a déclaré Manga Dembelé. Selon lui, les autorités nationales, singulièrement, le président et le gouvernement mettront tout en œuvre afin que dans les plus brefs délais l’armée malienne soit à Kidal. « En tout état de cause avant les élections, le drapeau malien flottera à Kidal. La présence de l’armée malienne à Kidal n’est pas négociable. Les autorités souhaitent que cela se fasse en parfaite entente avec la France, la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations Unies.

Comme cela est d’ailleurs stipulé dans les différentes résolutions des nations unies, la reconnaissance de l’intégrité territoriale du mali permettra d’ouvrir le processus de réconciliation avec ceux-là qui reconnaitront sans condition l’intégrité territoriale du Mali, bien attendu cela passe aussi par le dépôt des armes », a martelé le porte-parole du gouvernement. Avant d’ajouter que l’armée malienne sera à Kidal dans les plus brefs délais et cela quel qu’en soit le prix. Interpellé par les confrères sur les supposées arrestations des militaires maliens par les groupes armés à Kidal, le ministre rétorqua qu’on ne peut pas parler d’arrestation. «L’arrestation relève d’une autorité légitime. Si ce qui se dit est avéré, c’est de l’enlèvement, de la séquestration et des exactions. Et si tel est le cas, ces exactions seront punies avec la dernière énergie. Nous prenons l’opinion à témoin, si ce qui se dit à Kidal est avéré, nous attendons que l’opinion nationale et internationale nous accompagne dans la définition de ce qui se passe et dans la punition parce qu’il ne saurait y avoir deux poids deux mesures. Nous sommes en train de réunir les éléments. Mais si les exactions qui nous sont rapportées sont avérées, les auteurs répondront de leurs actes », a martelé le conférencier.

Selon lui, au Mali, nous n’avons pas l’habitude d’utiliser les expressions de couleur. Mais lorsqu’on sélectionne les personnes par leurs couleurs pour les séquestrer, pour les faire subir des sévices et pour les refouler vers Gao, si cela est avéré, a-t-il dit, nous l’appelons purement et simplement « épuration raciale ».

Madiassa Kaba Diakité

Le Républicain du 4 Juin 2013