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Depuis une semaine, la tension est montée d’un cran à Kidal avec une série d’arrestation d’individus appartenant aux communautés non touareg par le Mnla. Face à cette situation, le gouvernement est monté au créneau pour dénoncer une « épuration raciale ». C’était lors d’un point-presse animé, lundi dernier, par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Manga Dembélé.

Des discussions ont actuellement lieu à Ouagadougou entre les groupes armés et le médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, Blaise Compaoré, sur la tenue de la présidentielle fin juillet au Mali, en particulier à Kidal.

Parlant de ces manœuvres dilatoires entre les autorités du Burkina Faso et les bandits de Kidal, Manga Dembélé a été on ne peut plus clair en faisant une mise au point sur la position du gouvernement. «Ce qui se passe à Ouagadougou n’engage pas le gouvernement malien. Le Mali n’est pas partie prenante de ce qui se passe à Ouagadougou. Une chose est sûre, la présence de l’armée malienne à Kidal n’est pas négociable», a dit le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement.

Cette prise de position de l’Etat sur les arrestations des communautés non touareg par le Mnla n’entrave nullement l’engagement des autorités de transition pour la négociation et la réconciliation nationale. Selon lui, tout processus de dialogue est conditionné au respect de l’unité nationale et au dépôt des armes sans condition.

Le dimanche dernier, les éléments du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) s’en étaient pris aux populations noires de Kidal pour les expulser vers Gao. Ces arrestations de la part des bandits sont contraires à la loi et interpellent les autorités à agir le plus vite possible pour assurer la protection des citoyens.

«Un groupe armé, dans la région de Kidal, procède à une épuration raciale. Le gouvernement regrette que des compatriotes se comportent ainsi. Lorsqu’on sélectionne des personnes par la couleur, c’est une épuration raciale. Le gouvernement condamne avec la dernière énergie ce que nous considérons comme des exactions. Si ce qui se dit à Kidal est avéré, les auteurs répondront de leurs actes », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

C’est sur un ton ferme que Manga Dembélé a exprimé la détermination du Gouvernement à organiser les élections sur toute l’étendue du territoire national avec bien évidement la présence de l’armée malienne à Kidal. «Le Gouvernement mettra tout en œuvre pour que, dans les plus brefs délais, l’armée malienne soit à Kidal avant les élections. La présence de l’armée n’est pas négociable. L’armée sera à Kidal quel qu’en soit le prix», a-t-il rassuré.

Nouhoum DICKO

06 Juin 2013