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« Nous voulons que les Africains profitent de cette opportunité d’investissement »


Dans la foulée de la cérémonie de lancement de l’offre publique d’épargne, nous nous sommes entretenus avec Mandé Sidibé sur les enjeux de cette opération. Nous vous proposons ci-dessous sa réponse.

Le Groupe ECOBANK, au cours des trois dernières années, a appliqué son plan stratégique d’expansion qui se fait sous forme d’acquisition ou sous forme de ce que nous appelons la croissance organique. A ce jour, le Groupe est présent dans 25 pays et nous allons poursuivre cette politique d’expansion car il y a des pays comme l’Angola, le Botswana, le Mozambique et la Tanzanie dans lesquels nous ne sommes pas encore présents.

Nous ambitionnons de couvrir toute la Middle Africa, c’est-à-dire toute l’Afrique située entre l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud. Nous allons donc poursuivre ce processus. En plus de cela, nous sommes devenus grands. Nous avons besoin de beaucoup de ressources pour combler nos opérations. Il y a aussi des banques internationales, mêmes africaines, des grandes banques qui viennent chasser sur le même terrain que nous. Nous nous avons besoin de plus de ressources pour faire face à cette concurrence.

Troisièmement, il y a le fait que beaucoup d’autorités dans leurs pays ont décidé d’augmenter le capital minimal pour que la banque puisse opérer. Cela entraîne, du coup, une augmentation de nos investissements dans nos filiales pour que celles-ci puissent respecter la loi partout où nous sommes. D’autre part, il faut que toutes nos filiales soient à même de se doter de moyens techniques modernes pour pouvoir combler, de la manière la plus efficiente, leurs opérations. Toutes choses qui demandent des moyens adéquats.

C’est pour cette raison que, à notre demande, lors de la dernière assemblée générale, les actionnaires ont approuvé la levée des fonds sur le marché. Quand vous opérez ainsi, vous êtes obligés de publier un prospectus qui sera disponible, lundi prochain, où l’opération débutera. Avant le lancement, il nous fallait avoir l’autorisation de toutes les autorités des trois bourses que sont Accra, Lagos et la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières d’Abidjan. Ayant obtenu cette autorisation, nous avons fait un appel public à l’épargne publique.

Nous avons obtenu de l’assemblée l’autorisation de mobiliser trois milliards de dollars. Nous avons également décidé de lever 2,5 milliards sous forme de capital, le reste, soit 500 millions de dollars sous forme de dette. Nous souhaitons obtenir les 2,5 milliards sous forme de capital. Cela veut dire qu’il y a des actionnaires qui sont déjà actionnaires et vous avez aussi de nouveaux actionnaires. Les actionnaires qui sont déjà actionnaires souhaitent avoir la possibilité de souscrire à un taux plus avantageux. C’est ce qu’on appelle l’émission de droits préférentiels.

Cela s’adresse aux actionnaires déjà existants. Il y a, ensuite, l’offre d’épargne. Quarante pour cent des 2,5 milliards de dollars seront offerts aux actionnaires existants. Les 60% restants seront offerts au public. Les actionnaires existants peuvent aussi souscrire à cette offre. Pour le Groupe, ce qui est important c’est d’élargir la base des actionnaires.

Nous voulons aussi que cela se passe en Afrique, parce qu’avant tout, ECOBANK est une banque africaine et nous voulons que les Africains profitent de cette opportunité d’investissement. Si cette opération arrive à dépasser les 2,5 milliards pour atteindre 3 milliards de dollars, nous n’aurons même plus besoin de dette. Si ce n’est pas le cas, nous allons donc nous endetter pour 500 millions de dollars.

Quand le prospectus sera disponible, dès lundi 25 août, les investisseurs potentiels verront qu’elle a été la performance de ECOBANK au fil du temps. Quand vous voulez investir, il y a deux choses qui vous intéressent : l’entreprise est performante, elle réalise des bénéfices et distribue des dividendes.

En plus de cela, c’est la valeur des investissements, donc la valeur de l’action. Vue sous ce double aspect, les investisseurs constateront que ECOBANK a été une banque très performante. Je pense donc que c’est un excellent investissement. Pour les Africains, c’est une opportunité d’investir dans une banque qui est à cent pour cent africaine».

Propos recueillis par Yaya SIDIBE

21 Août 2008