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Les journées Culturelles Ginna-dogon se sont déroulées du 22 au 24 février à Douentza (Mopti). Dans l’interview ci-dessous, le président du bureau national Ginna-Dogon, Mamadou Togo nous parle de l’événement et de son importance.

Les Echos : Pourquoi des journées Culturelles Dogon ?

Mamadou Togo :
Nos manifestations ne sont pas à confondre avec les festivals qui foisonnent ces temps-ci. Notre organisation, l’Association malienne pour la protection et la promotion de la culture Dogon Ginna-dogon, ouverte à tout citoyen malien et du reste du monde, se veut une organisation dynamique, soucieuse de conserver en l’état la culture héritée des aïeux.

Les journées culturelles sont donc organisées pour que les Dogons se ressourcent, que ceux parmi eux qui sont nés loin du terroir, sachent ce que c’est que la culture dogon, et que ceux du terroir la conservent mieux et que tout le monde l’admire dans son authenticité. Nous ne voulons pas que cette culture malienne soit dénaturée à force de subir des agressions. Il faut donc l’étaler de temps à autre pour s’en assurer. Par exemple, le port de chaussures, de T-shirts, de lunettes et autres pour danser sort du cadre authentique de la culture. Voilà des choses que nous fustigeons. Notre identité culturelle nous est très chère.

Les Echos : Douentza a vibré du 20 au 24 février au rythme des journées Culturelles Ginna-dogon 2e édition. Pouvez-vous nous faire le bilan de la manifestation ?

M.T :
Les Dogons y ont répondu massivement et qualitativement. Les cercles dogon de Bandiagara, Bankass, Douentza, Koro et Mopti étaient au rendez-vous. Nous avons enregistré la présence de nos antennes des autres cercles du Mali et de l’extérieur à savoir la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Gabon, l’Arabie Saoudite, la Guinée équatoriale. Nos frères du mandé ont envoyé une délégation qui a fait une ouverture sur nos liens de parenté.

Le thème des journées « danses et mythes » a tenu en haleine le public et les officiels qui se sont régalés des pas de danses jusqu’ici inconnus de certains et de démonstrations mythiques de la part de nos chasseurs et autres hommes de sciences. Sur le plan hébergement et restauration tout s’est bien passé tout comme sur le plan logistique. Je rappelle que les meilleures prestations ont été primées et les trophées sont allés respectivement aux cercles de Bankass, de Koro et de Bandiagara. Je suis sûr que les cercles de Douentza et de Mopti prendront certainement leur revanche lors de la 3e édition. En somme, le bilan est positif, le succès enregistré à Douentza est supérieur à celui de Bankass qui, pour un coup d’essai, a été un coup de maître.


Les Echos : Quelle a été la particularité de cette deuxième édition ?

M.T. :
Cette deuxième édition a vu l’érection d’un Toguna. En milieu dogon, le Toguna est antérieur au Hogon qui est le chef spirituel doté de pouvoirs mystiques et occultes immenses, il est l’une des institutions du Hogon et ses fonctions ou missions sont nombreuses. Je dirais entre autres que c’est le lieu de repos des anciens. Il est leur parlement, leur palais de justice, leur centre de santé et commerce. C’est aussi une école, un centre d’apprentissage des métiers, un centre d’information et de renseignement etc. C’est dire que le Toguna est multifonctionnel. Une autre particularité a été la participation de nos cousins Songoi de Hombori et l’esprit de compétition saine que nous avons su instaurer afin de pouvoir sélectionner les meilleures danses.


Les Echos : Au regard de tout ce qu’on vient d’attendre. Peut-on dire que cette édition a été un succès ?

M.T. :
La réussite et la perfection relevant de Ama, le créateur du monde, nous pensons avoir fourni plus d’efforts pour cette deuxième édition dont nous nous réjouissons.

Les Echos : Avez-vous rencontrées des difficultés ?

M.T :
D’abord nous avons eu du mal à boucler notre budget. Certaines troupes sont arrivées le jour même de l’ouverture faute d’avoir eu à temps les montants nécessaires au transport. Nous avons aussi déploré le manque de coordination entre la Commission nationale d’organisation et la commission locale.

Les Echos : Pour la 3e édition rendez vous a été donnée dans quelle ville ?

M.T. :
La 3e édition aura lieu à Bandiagara dans la dernière semaine du mois de février 2011. Le bureau national envisage de délocaliser les journées culturelles en allant les tenir dans d’autres cercles du pays. Nous-nous attendons à un plus de grand succès lors de la 3e édition.

Propos recueillis par

Amadou Sidibé

11 mars 208.