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Maribatrou a très tôt été adopté par les Maliens dès la création de son parti. Parce que contrairement aux politiciens professionnels, il ne faisait pas dans la langue de bois. Il faisait simple quand les autres faisaient compliqués. Sans être un amuseur, Maribatrou a apporté un peu de fraîcheur dans un milieu où tout est convenu, y compris jusqu’à l’habillement.

Lors des campagnes électorales de 1992, Maribatrou a fait le bonheur des radios libres naissantes. Ne déclinant aucune invitation, il parlait sur tous les sujets dans un langage terre-à-terre, au grand plaisir des auditeurs. C’est d’ailleurs sur une des radios de la place qu’il a lancé sa première pique contre l’Adéma et son emblème l’Abeille.

Pour lui dont le parti a choisi comme emblème un essaim d’abeilles, une abeille solitaire est forcément suspecte ou « folle ». Quelqu’un qui s’exprime comme ça ne peut pas être mauvais, se sont dit les Maliens. C’est pour cette raison qu’aucun téléspectateur n’a raté la première émission de débat en direct entre les candidats à la présidentielle où il était invité en même temps que Me Mountaga Tall et Me Demba Diallo.

L’émission fit un tabac et Maribatrou fit sa première victime en la personne de Me Tall. Pour lui, les Maliens auraient tort de confier le pays à quelqu’un qui a fui le pays au moment des événements de 1991 et qui compte malheureusement, selon Maribatrou, dans sa lignée des fuyards célèbres.

« Rien ne nous dit que tu n’abandonneras pas le pays à la première difficulté », asséna Maribatrou. Me Tall avait très mal encaissé le coup surtout que la presse écrira plus tard que c’est sur son instigation que la question se rapportant à sa fuite a été posée par Maribatrou.

Opération sauvetage

En 1997, au plus fort de la contestation du processus électoral, Maribatrou abandonne ses camarades du Coppo pour affronter Alpha Oumar Konaré lors de la présidentielle. Me Tall, qui ruminait encore l’épisode du débat télévisé, devait déclarer que c’était le maillon faible qui a cédé. Son score peut paraître anecdotique. Mais il a permis au processus électoral et même démocratique de suivre son cours.

Mais avant tout, Maribatrou est un patriote qui aime profondément son pays. Le monde paysan a toujours occupé une place de choix dans tous ses discours. Et ce n’est certainement pas un hasard si son activité professionnelle se rapporte à ce milieu.

En effet, avant de créer son parti politique, Maribatrou avait monté son entreprise : « Mali Reptile » spécialisé dans la vente des peaux et cuirs et accessoirement dans la vente de caïmans. Ne disait-il pas que quelqu’un qui a pu dompter les caïmans ne saurait avoir de problème dans la gestion des hommes ?

Mais avant de monter son entreprise, Maribatrou a beaucoup voyagé, notamment du côté du Zaïre où le diamant attirait beaucoup d’Africains. Le Maraka qu’il est ne pouvait rester sourd à l’appel de cette pierre précieuse. Il était fier d’être Maraka et il déclarait à qui voulait l’entendre que le mot maraka a pour racine « Mara » qui veut dire gérer les hommes.

Raison pour laquelle, insistait-il, lors des campagnes électorales de 1992, les Maliens devaient lui accorder leur confiance pour monter à Koulouba.

Dors en paix Maribatrou et que la terre te soit légère !

El hadji TBM

09 mai 2006.